PROMOTION DU TOURISME - Baisse de la Tva : L’Etat attendu sur sa promesse.
La Fédération des organisations patronales de l’industrie touristique au
Sénégal (Fopits) invite l’Etat à rendre effective la baisse de la Tva
dans le secteur touristique. Face à la presse hier, les patrons de
l’industrie touristique ont indiqué que cette promesse a été faite
depuis 2004.
Les organisations patronales de l’industrie touristique semblent en
avoir assez des promesses du gouvernement qui tardent à se réaliser. Et
eu égard à tous ces manquements, la Fédération des organisations
patronales de l’industrie touristique au Sénégal (Fopits), qui les
coiffe toutes, a décidé d’envoyer au chef de l’Etat un mémorandum. Lasse
de voir se concrétiser les mesures annoncées pour faire du Sénégal un
hub touristique, la Fédération, qui regroupe cinq organisations est
montée hier, au créneau une fois de plus, pour lancer un «cri du cœur»
par rapport, surtout à la mise en œuvre de la directive de l’Union
économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) relative à la baisse de
la Tva. «Depuis 2004, il nous a été promis une baisse annuelle de la
Tva. Nous avons pris le dossier en mains et nous nous sommes rendus à
Ouagadougou pour rencontrer les autorités de l’Uemoa. Avec l’appui de
l’Etat, nous avons réussi à rendre le secteur du tourisme éligible à la
baisse de la Tva. Depuis le 27 mars 2008, une directive de l’Uemoa rend
le tourisme éligible. Et le gouvernement sénégalais avait décidé de
baisser la Tva à partir du 1er janvier 2010», rappelle Mamadou Racine
Sy, président de la Fopits. Et il déplore le retard pris pour rendre
effective cette mesure. Toutefois, indique-t-il, «la Fopits a rencontré
récemment, le ministre de l’Economie et des Finances, qui lui a assuré
que cette baisse sera inscrite dans la prochaine Loi de finances
rectificative et elle sera effective en 2011».
Au-delà de la Tva, la
Fopits exige de l’Etat l’augmentation du ratio alloué à la promotion de
la destination Sénégal. «Le Sénégal ne respecte pas le ratio de 3%
consacrés à la promotion de la destination. Nous estimons qu’il est
important que le secteur du tourisme soit considéré comme un secteur
d’exportation et qu’on lui alloue des ressources nécessaires», estime le
patron des hôteliers. Les recettes de la dernière saison touristique
sont estimées à 300 milliards de francs Cfa.
Demandant au
gouvernement de revoir les coûts de production, Mamadou Racine Sy et ses
collègues se sont plaints des coupures intempestives d’électricité. Ils
informent que durant ces deux derniers mois, des hôteliers ont dépensé
environ 35 millions de francs Cfa pour faire fonctionner leurs groupes
électrogènes. Dans ces conditions, ces acteurs estiment qu’il serait
très difficile de faire un tourisme haut de gamme. Ils souhaitent que le
gouvernement leur accorde des tarifs préférentiels sur l’électricité,
l’eau,…
En présence de leurs collègues de la sous-région, les
organisations patronales du tourisme ont profité de l’occasion pour
dénoncer d’autres difficultés auxquelles le secteur est confronté. Entre
autres, elles ont souligné l’instabilité qui règne dans le milieu, du
fait du manque de moyens de la Police, des déchets, du foncier. Sur ce
dernier point, M. Sy assure que le gouvernement leur avait promis de
céder aux hôteliers les baux. Mais précise-t-il, les prix de 10 000
francs Cfa le mètre carré, qui leur sont proposés, restent chers.
Lors
du dernier salon du Tourisme, le Président Wade avait promis
d’accompagner le tourisme. Le chef de l’Etat avait déclaré qu’à ses
débuts, il ne croyait pas au secteur, mais que désormais, il allait lui
apporter tout le soutien nécessaire.
C’est sur ce point que les acteurs attendent qu’il joigne l’acte à la parole.
Par Dialigué FAYE
dialigue@lequotidien.sn .