Quotidien d'informations du Senegal. « Le secteur agricole en Afrique Sub-saharienne a enregistré ces dernières années une forte baisse de la productivité », a avancé le Coraf /Wecard qui s’occupe de la question dans la sous-région. Cette structure a relevé la faiblesse des dépenses publiques et des financements privés alloués à la recherche, au développement et à la diffusion des technologies améliorées. A cela, elle ajoute l’inexistence de mécanismes appropriés de diffusion et de transfert de technologies productives et surtout, l’absence d’intégration et d’harmonisation des politiques agricoles nationales, découlant de la forte propension des pays à travailler en vase clos malgré la faiblesse des capacités et des ressources de leurs systèmes. A son avis, ces éléments sont les facteurs qui expliquent cette faible productivité agricole.
Pour y remédier, le Coraf/ Wecard à travers le Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (Ppaao) a travaillé sur les spécificités locales pour booster la production. C’est dans le cadre de la promotion de cet outil que le Coraf a choisi la date du 06 août pour échanger avec les professionnels des médias. Ce programme repose sur l’intégration et l’harmonisation des politiques agricoles nationales mais aussi, sur l’établissement de liens étroits entre la recherche, la vulgarisation, les producteurs et des opérateurs privés. A cet effet, il note trois pays bénéficiaires du programme que sont le Mali, le Ghana et le Sénégal.
Contexte justification du projet et la position du Sénégal
La création du Nepad était un début de solution pour augmenter la production en Afrique. Au Sénégal, la Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance (Goana) en est aussi une réponse. Cependant, si le Nepad préconisait une augmentation annuelle de 3% de la productivité agricole et une augmentation de 6% du Pnb agricole pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (Omd), le Coraf s’est inscrit sur cette droite ligne. A cet effet, il a développé le Programme intégré pour le développement de l’Agriculture en Afrique (Pidaa). Depuis 2005, trois pays sont opérationnels. Le Sénégal qui travaille sur la promotion des céréales a contribué à la formation de 30 boulangers sur les produits du « consommé local » avec le mélange de blé, de mil, de niébé pour la production du pain. « Un produit qui n’est pas certes très connu de la population à cause de la faible productivité mais très convoité par le consommateur », ont soutenu les boulangers bénéficiaires trouvés dans leur lieu de travail. 200 restauratrices ont été formées sur les recettes alimentaires de l’Institut de technologie alimentaire (Ita) avec la production du vinaigre de mangue entre autres.
Sur le plan des résultats, le Sénégal a homologué 16 nouvelles variétés de riz, 08 de maïs, 06 de sésame, 05 de niébé, 04 d’arachide. Concernant le premier appel d’offre, 16 soumissionnaires ont été notés pour le Sénégal et 09 sélectionnés pour l’exécution des projets dans le secteur agricole. Le second appel a connu une baisse avec 05 sélectionnés pour 21 projets. Une situation qui s’explique, selon le Daouda Dia, coordonnateur national du Coraf, par une revue des règles d’éligibilités.