Selon la publication du journal L’observateur du 05 août 2010 « (…) le directeur de La Gazette a été sauvé de prison par le doyen des juges, Mahwa Sémou Diouf.

 En effet, des sources, proches du dossier et de la chancellerie, renseignent que le ministre de la Justice, non moins père du plaignant, avait directement saisi le doyen des juges pour lui demander d’annuler le contrôle judiciaire de Latif Coulibaly et de la placer sous mandat de dépôt.

Cheikh Tidiane Sy voulait ainsi envoyer le journaliste à la maison d’arrêt et de correction de Rebeuss afin que lors du procès contre Thierno Ousmane Sy qu’il soit extrait de prison et qu’il ne comparaisse pas libre. Mais le ministre de la Justice s’est vu opposer un refus catégorique de la part du magistrat instructeur ».
Si par malheur, le Ministre de la Justice, Cheikh Tidiane Sy avait réussi ce coup de force judiciaire aux méthodes soviétiques, ce serait une atteinte grave au droit de défense et même à la présomption d’innocence de Latif Coulibaly. Il faudra, quand même, saluer le courage et l’esprit de justice du doyen des juges Mahwa Sémou Diouf.

Espérons que le doyen des juges sera habité par la même conscience morale et professionnelle, et le même courage lors du prochain procès, prévu le 14 septembre 2010.

Au delà de son professionnalisme et de sa conscience professionnelle reconnus par ses pairs, Latif Coulibaly est une sentinelle de la démocratie sénégalaise. Il fait partie des rares intellectuels qui ont résisté à toutes les tentatives de corruptions et à toutes les pressions de tout genre que le pouvoir actuel a essayées à leur égard.
 Juste après l’installation de Me Wade au pouvoir en 2000, M. Coulibaly est le premier journaliste à avoir attiré l’attention des sénégalais sur certains comportements et pratiques qui ne riment pas avec la bonne gouvernance et gestion de l’Etat.
Je ne me rappelle plus le titre exact de l’éditorial que Latif Coulibaly avait publié au journal Sud quotidien quelques semaines après la formation du premier gouvernement du Président Wade, mais à l’époque le directeur de publication de la Gazette dénonçait déjà le comportement irrespectueux et arrogant de l’ancien directeur de cabinet de la présidence, en l’occurrence Idrissa Seck.
A cela s’ajoutent tous les ouvrages qu’il a écrits pour mettre à nu tous les scandales juridico-financiers du pouvoir libéral, dont le dernier en date est « contes et mécomptes », qui révèle le plus grand scandale financier que notre pays n’ait jamais connu, et qui est relatif à la gestion de l’Anoci par Karim Wade.

Dès lors, ce serait dommage, voire dramatique qu’un patriote aussi intègre, aussi dévoué à la défense de l’intérêt général et de la cause nationale que Latif Coulibaly, soit laissé livrer à cette bande de charognards qui n’hésiteront pas à le dévorer avec leurs dents de cannibale. Leur objectif d’envoyer Latif à la prison de Rebeuss ne souffre d’aucune ambigüité.
Ils ont en effet, tout essayé depuis plusieurs années pour coincer le journaliste-écrivain, mais n’ont jamais réussi.
La nomination de Cheikh Tidiane Sy à la tête de la Chancellerie juste après le différend qui oppose son fils Thierno Ousmane Sy au Dirpub de la Gazette en est une preuve irréfutable. Car, il faut le dire Latif Coulibaly dérange le pouvoir libéral, parce qu’avec un professionnalisme remarquable en matière d’investigation, il parvient toujours à déjouer leur tentative de détournement de denier public ou à mettre sur la place publique leurs magouilles.

Pour mettre en scelle le fils Wade pour l’élection présidentielle de 2012, il faudra donc faire taire tous les esprits indépendants, voire les éliminer simplement. Et, Latif en fait partie ; je dirais même qu’il figure à la tête du peloton des esprits les plus patriotes, les plus courageux et les plus honnêtes.

J’en appelle à l’esprit de solidarité de tous les sénégalais de l’intérieur comme de la diaspora, à tous les militants des droits de l’homme et de la défense de la justice tout court, à se mobiliser par tous les moyens (manifestations, marches pacifiques, sit-in devant les représentations diplomatiques sénégalaises à l’étranger, etc.) pour se dresser contre cette bande d’incompétents qui veut avoir la tête de notre cher Latif Coulibaly.
Je dis « cher », même si je n’ai jamais rencontré de ma vie M. Coulibaly, parce qu’on a besoin de lui et des gens comme lui pour remettre le Sénégal sur le chemin de la bonne gouvernance, du développement et de la démocratie.

Enfin, tout ce qu’on attend du doyen des juges, Mahwa Sémou Diouf, c’est d’offrir à toutes les parties les conditions d’un procès libre et équitable afin que le droit soit dit, et rien que le droit.

Mor DIEYE
mordieye@voila.fr