Pour sa participation à l’éclosion des talents et à la conscientisation des élèves par rapport aux valeurs citoyennes, l’Association nationale pour l’émergence d’une nouvelle citoyenneté (Anenci), en partenariat avec le ministère de la Culture et des Loisirs organise depuis trois ans des concours. La cérémonie de distinction des lauréats de l’édition 2010 s’est déroulée, hier, à la Maison de la culture Douta Seck. Les thèmes de ce concours d’expression artistique qui regroupe les établissements moyens et secondaires du territoire sénégalais, tournent en principe autour de questions d’actualité telles que, l’émigration clandestine, la bonne gouvernance et la violence dans l’espace scolaire.
L’Anenci, qui promeut l’émergence de la citoyenneté considère que la meilleure cible pour arriver à ses fins reste les jeunes. Ainsi, l’association entend par le biais de l’art, favoriser, développer un esprit jeune au respect de son environnement, de ses valeurs pour qu’il soit demain un adulte capable de relever les défis du monde. La présidente de l’association, Aïssatou Léna Sène d’un ton optimiste lance : «Ces jeunes lauréats nous donnent l’espoir d’un lendemain meilleur, car nous voulons d’un autre Sénégal. Notre temps est révolue ; c’est à eux de construire leur avenir et il ne sera que ce qu’ils voudront qu’il soit.» Pour la présidente de l’association, «dans un contexte marqué par la «transvaluation» des valeurs, la tentation du découragement et du laisser-aller gagne de plus en plus de terrain». C’est pourquoi, précise-t-elle, «face à cette dérive moralement intolérable et socialement compromettante pour une Nation qui cherche la voix de l’émergence, l’Anenci offre une heureuse alternative en se positionnant comme levier stratégique pour impulser les conditions objectives et subjectives de l’émergence d’une nouvelle conscience citoyenne».
C’est dans cette même logique que le représentant du ministre de la Culture et des Loisirs, en l’occurrence le directeur de l’Ecole nationale des arts, M. Diarra affirme qu’en «milieu scolaire, la création artistique qui prend appui sur les disciplines d’éveil apporte quelque chose de remarquable dans le façonnage de la personnalité de l’enfant». Pour lui, l’association «s’est déployée dans un domaine stratégique, mais hélas sujet à des contingences. Ce qui nous amène à penser que sa prise en charge ne saurait plus être l’affaire exclusive des établissements. La pluralité, la diversité et l’importance des besoins de ce secteur recommandent que l’on explore toutes les pistes susceptibles de donner satisfaction». Le représentant du ministre la Culture et des Loisirs ajoute dans ce sens, qu’il faudrait entre autres, «réfléchir à un enseignement à l’école, un enseignement hors de école et pourquoi pas un enseignement à distance. Encourager la mobilisation des ressources locales afin de mettre en place des programmes d’éducation artistique avec le soutien des écoles, des associations de quartier, des collectivités locales et des parents pour le partage de la responsabilité de la transmission des valeurs culturelles».
Cinq modes d’expression étaient au menu de ce concours artistique. A savoir en premier lieu, l’art plastique dont les premier et deuxième prix ont été raflés par les élèves du premier cycle des cours Sainte Marie de Hann. Puis l’expression musicale, dont le club d’art du Collège d’enseignement moyen (Cem) de Matam a remporté le premier prix pour la deuxième fois. Pour la poésie, c’est une élève du Cem Saint Benoît de Kolda qui a eu le premier prix et pour celui du théâtre, c’est au collège Djim Momar Guèye de Kaolack qu’il est revenu. Et pour le dernier volet spécial, celui du  patrimoine, le premier prix a été octroyé au lycée Seydina Limamou­laye de Guédiawaye. Les lauréats ont tous reçu un important lot de livres et des sommes d’argent allant de cent mille à trente mille francs Cfa.
Par Coumba THIAM.
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