Sécurisation de l’aéroport de Dakar : Les américains s’imposent à Léopold.S.Senghor.
On reparle encore de sécurité à l’aéroport Léopold Sedar Senghor de
Dakar. Après les cas de vols et d’agressions, et face au dénuement des
services de l’Etat, les compagnies aériennes font recours à des sociétés
privées de surveillance. Cela est une nécessité si l’on ne veut pas que
Dakar perde l’autorisation d’accueillir des avions en partance pour les
Etats-unis.
Ce ne sont pas seulement les vols et les agressions qui mettent
l’aéroport Léopold Sedar Senghor de Dakar sur la sellette. Dans une note
adressée le 23 juillet dernier au ministre d’Etat Karim Wade, l’Agence
nationale de l’aviation civile du Sénégal (Anacs) reconnaît en
filigrane l’impuissance des autorités sénégalaises à mettre en place des
mesures de sécurité idoines. Dans cette correspondance, l’on apprend
que la compagnie aérienne Delta Airlines, a anticipé une décision des
autorités aéroportuaires, et recruté une compagnie privée pour assurer
l’escorte et la surveillance de ses avions sur la plateforme
aéroportuaire de Dakar. L’Anacs, n’ayant pas les moyens matériels et
humains de lui offrir des prestations d’égale qualité, a dû également
recourir à des prestataires du même type pour d’autres compagnies. Mais
la protection la plus sûre est celle accordée aux avions en partance
pour les Etats-Unis d’Amérique.
L’Anacs explique que Delta Airlines a
agi ainsi pour combler les carences de l’Administration. La question de
la sécurisation des avions sur l’aéroport Léopold Sedar Senghor fait
l’objet de discussions régulières entre les autorités sénégalaises et
leurs homologues américains. «Face au retard accusé à la mise en place
des mesures préconisées, les responsables de Delta Airlines ont proposé
d’appuyer les équipes de la Haute autorité de l’aéroport Léopold Sedar
Senghor (Haalss) dans les opérations d’escorte de leurs avions en
déployant un véhicule de type tout terrain», explique l’Anacs. En effet,
une suite d’incidents dramatiques avait poussé autorités sénégalaises
et experts américains de la Sûreté des transports (Tsa) à préconiser «la
mise sur pied d’une cellule de surveillance et d’escorte des aéronefs
effectuant des vols depuis le parking de stationnement jusqu’à la piste
d’envol». Il s’agit ainsi de déployer un véhicule 4X4 et des motos
quads pour servir aux patrouilles et dans la foulée, préserver «le
niveau de sûreté de l’aéroport et lui conserver son statut de hub
sous-régional pour les vols transatlantiques», rapporte la
correspondance de l’Anacs.
Si les autorités avouent sans ambages que
la solution définitive à ce problème «réside dans l’équipement de
l’aéroport en matériel de vidéosurveillance moderne», il faudra encore
attendre avant de voir ledit équipement. Ce n’est qu’en novembre
prochain, assurent les services de Mathiaco Bessane, qu’une livraison
peut être espérée après que la Banque mondiale a accordé un crédit de
750 000 dollars à la Haalss. L’aéroport de Dakar est très étroitement
surveillé par les autorités américaines depuis qu’en 2007, un corps sans
vie a été découvert dans le train d’atterrissage d’un avion de la Delta
Airlines à son atterrissage à Atlanta. Deux ans auparavant, c’est un
corps déchiqueté qui est tombé à l’ouverture du train d’atterrissage
d’un avion de la South African Airways à New York. Les deux vols ayant
en commun d’avoir fait un tour sur le tarmac de l’aéroport de Dakar, les
autorités sénégalaise et américaine n’ont pas tardé à se concerter pour
éviter d’autres incidents du genre.
Par Mame Woury THIOUBOU .
mamewoury@lequotidien.sn