Jamais un article n’a, jusqu’ici, suscité autant de réactions à géométrie variable sur Sénégal Tribune. Si certains se félicitent du texte ‘’Le revers et l’envers du Salon du polytechnicien’’, d’autres, par contre, s’agitent de gauche à droite, tels des haricots sauteurs, pour tenter de le décrédibiliser et descendre en flammes l’auteur. Point de nouveauté sous le soleil.  Cela est, à la limite, normal. Tous les journalistes qui, comme disait Albert Londres, mettent la plume là où ça saigne sont souvent sujets à des réactions violentes, des tentatives de discrédit et d’intimidation. Cheikh Yérim Seck -journaliste à Jeune Afrique- ne nous démentira pas.

Il est donc nécessaire d’apporter des précisions pour éclairer, tel un faisceau Laser, les lanternes de ceux-là qui pourraient être troublés par certains commentaires calomnieux et propos fallacieux.

D’abord il faut reconnaître qu’une erreur s’est glissée dans l’article durant sa rédaction – ce qui, inévitablement, survient parfois, même dans les plus grands journaux du monde.- En revoyant les notes, nous remarquons que la distillation vient en dernier lieu dans la séquence de production de l’éthanol. C’est donc le filtrat qui est fermenté et non le distillat. (Toutes nos excuses aux chimistes)

Par contre, il n’y a aucune possibilité d’erreurs ou de malentendu de notre part à propos des formules. Nous avions, en effet, exigé que les exposants les mentionnent sur nos papiers. Ils ont écrit noir sur blanc (ou bleu sur blanc) des formules erronées dans le bloc-notes. Ils ont bel et bien pédalé les mélanges, pardon, mélangé les pédales ce jour-là. Et ce  sont des erreurs de ce genre, à un tel niveau, qui, avons-nous dit, peuvent saper la crédibilité d’une école d’ingénieurs.

D’aucuns diront que ce sont, là, des détails. Mais, négliger un détail peut être très dangereux en science. Pour rappel, ce sont des détails techniques qui ont été à l’origine de la plus grande catastrophe nucléaire de l’histoire (Tchernobyl). « L’accident s’est produit suite à une série d’erreurs commises par les techniciens de la centrale… » Lit-on dans un récent rapport de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA). Dans tous les rapports d’enquête sur les crashs d’avions, c’est la même expression qui revient : détail technique. Dans tous les laboratoires de chimie du monde, des plus prestigieux (Wooley Laboratory au Texas – Etats-Unis -; Cavendish Laboratories ou Oxford chemical Laboratory en Angleterre…) aux plus modestes (Laboratoire Lachimia à l’Ucad), dans tous ces laboratoires donc, les produits sont généralement indiqués par leurs formules chimiques étiquetées sur des flacons. Substituer un H par un O peut créer des confusions et entraîner, par ricochet, beaucoup de dégâts. Il est donc nécessaire, voire indispensable, pour un chimiste, d’avoir une bonne connaissance des formules chimiques de certains produits de base.

Les erreurs sont inhérentes à l’espèce humaine. Mais  doit-on reprocher à quelqu’un d’en parler –sans trop s’y focaliser bien sûr- ? « La démocratie, c’est aussi le droit institutionnel de dire des bêtises.» disait François Mitterrand. Mais la démocratie, c’est également laisser les journalistes et apprentis journalistes s’intéresser aux trains qui n’arrivent pas à l’heure.

Il est regrettable de voir que certains se sont attelés à nous balancer des insanités qui, en réalité, ne font que témoigner de leur vision proche du zéro absolu. Nous leur rappelons juste que les étudiants de la Faculté des Sciences n’ont pas, tous, la même ambition. Certains  veulent se lancer dans la recherche fondamentale. D’autres souhaitent atteindre le haut niveau dans un domaine –comme la Physique Théorique- et, par suite, intégrer la presse scientifique internationale à travers, par exemple, l’Agence Science-Presse du Canada, les mensuels français Science & Vie, Science & Avenir, Pour la Science… Evoluer dans la presse scientifique via des émissions audiovisuelles à l’instar de Micro Méga sur Rfi, Temps X sur TF1, E=M6 sur M6 ou encore Science 2 sur France 2. Evoluer dans la presse scientifique pour expliquer, aux ingénieurs et chercheurs, les résultats des recherches et les enjeux des découvertes. La scientificité, c’est également cela. (Ce que ‘DES Commerçants Ambulants Fauchés’ – DESCAF- ne savent pas).

L’œuvre humaine étant perfectible par essence, il est alors nécessaire d’avoir des sentinelles comme la presse pour passer au crible ce qui se fait et apporter des critiques constructives pour qu’il y ait évolution. Ceux et celles qui ne le comprennent pas risquent de rester à la traîne aussi longtemps que la Terre continuera à décrire sa trajectoire elliptique autour du Soleil.

 

*Rapport de police, c’est d’abord un magnifique essai de l’écrivain Marie Darrieussecq en réponse aux accusations calomnieuses de plagiat de Camille Laurens et Marie Ndiaye (Prix Goncourt 2009).

·         Arouna BA

·         Etudiant en Physique-Chimie à l’Ucad

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