Le Syndicat Professionnel de l’Industrie et des Mines du Sénégal(Spids) a tenu hier, mercredi 14 juillet, à Dakar un déjeuner-débat sur le thème : « Problématique de l’énergie au Sénégal : quelles solutions pour l’industrie sénégalaise ». Cette rencontre a pour objectif d’analyser mais aussi de discuter sur la politique énergétique nationale. Ceci en vue de faire des recommandations et d’identifier les moyens nécessaires à son développement.
Réfléchir sur la problématique de l’énergie au Sénégal. Tel était l’objectif poursuivi par le déjeuner-débat organisé hier, mercredi 14 juillet à Dakar par le Spids. Cette rencontre qui en est à sa quatrième édition a permis aux professionnels de l’industrie et des mines de se pencher sur la question de l’impact des délestages dans les entreprises industrielles.

Sous ce rapport, le président de du Spids, Christian Yvon Basse, a évalué cet impact en terme de destruction d’équipements industriels, pertes en matières et en production, retards dans l’exécution des commandes. A cet effet M. Basse pose un certain nombre de questions : comment s’adapter à l’évolution et aux tendances en matière énergétique ? Comment optimiser les ressources énergiques ?

Face à ces interrogations, le Spids a formulé un certain nombre de requêtes et de recommandations aux pouvoirs publics.

A ces derniers, il demande ainsi de revoir l’esprit de la grille tarifaire avec comme objectif la sauvegarde de la compétitivité des activités industrielles. Mais aussi de faire de la question énergétique un véritable sujet de partenariat public-privé.

Le Spids a aussi mis l’accent sur la possibilité de favoriser le développement des énergies propres et renouvelables par une incitation fiscale et par la promotion de partenariats avec les pays de référence dans ce domaine comme le Maroc.

S’adressant à la Senelec, le Spids a demandé à celle-ci de renforcer sa capacité et d’être à l’écoute des industriels et des gros consommateurs mais également de faire siéger ceux-ci dans les instances dirigeantes. Les syndicalistes n’ont pas manqué de mettre l’accent sur la communication de la Senelec qu’ils trouvent désastreuse. Sur ce point ils ont demandé à ladite institution de communiquer aux industriels la planification des coupures pour leur permettre de s’organiser et d’amoindrir à terme le manque à gagner.

A ces interpellations les autorités présentes ont réagi en usant de procédés dilatoires. Sous ce registre, le Directeur des études générales de la Senelec, Assane Diouf a tenté de justifier les délestages par l’achat de combustibles de mauvaise qualité qui aurait détruit des machines. M. Diouf affirme, tout en reconnaissant la cherté de l’électricité, que la Senelec s’inscrit dans le sillage des énergies renouvelables. Toutefois le représentant du Directeur de la Senelec, Seydina Kane, a estimé que ces énergies ne peuvent qu’être que des énergies d’appoint. Car, estime-t-il, la part de l’hydraulique dans la production de l’électricité est relativement faible.

Le Président de la Commission de Régulation du Secteur de l’Energie (Crse), Idrissa Niasse, a lui déclaré qu’il faut que chaque consommation soit à sa charge normale.

M. Niasse pour qui, une demande est satisfaite par l’offre la moins chère, annonce que d’ici 2030 les besoins en énergie vont augmenter de 60 % dans le monde, selon l’Agence Internationale de l’Energie.

Pour le Directeur de Cabinet du Commissaire de l’Uemoa en charge du Département Entreprise, Energie et Télécommunications, Jean Yves Sinzogan, la compétivité du secteur industriel passe par la réduction de l’accès à l’énergie. Il estime à cet effet qu’il faut aller à l’énergie la moins couteuse si nous voulons que nos entreprises soient compétitives.