Une telle idée est à plusieurs égards insensée, dangereuse pour le sort qui sera réservé demain à notre démocratie, c’est un coup d’Etat sous une forme voilée, comme Me Wade sait le faire avec ses hommes de main et en violant inconsidérément la Constitution en permanence.
Au vu des tractations qui se font jour petit à petit, et au-fur et à mesure que nous nous approchons d’une échéance électorale. Telle une traite, apparaissent des hommes, véritables opportunistes, commandités, manipulés au service de Me Wade et de sa famille. Un service souvent chèrement payé, beaucoup plus parfois, que d’être un militant du Pds, même de première heure.
Si nous laissons faire, c’est-à-dire, prendre à la légère ce qui se trame par le camp présidentiel et tous ses affidés, en restant indifférents et inactifs par rapport aux coups fourrés, nous nous réveillerons un jour, sous une monarchie wadienne, car notre pays, mine de rien, s’achemine inexorablement, vers cela. Cette proposition saugrenue de Moubarack Lo, Alioune Sow et consorts, n’est rien d’autre qu’une confiscation des prérogatives sacrées des citoyens sénégalais, de leur droit et devoir de se choisir librement, sur une base démocratique, transparente, ceux qui devraient,  demain les diriger. Monsieur Lo, en citant l’exemple de Djibo Ka et le risque de pléthore de candidats –pourquoi pas de partis ?-  en ces termes : « D’abord, le choix d’un tour unique aura pour effet de réduire le nombre de candidats présidentiels (qui pourrait, si rien n’est fait, atteindre 30 voire plus) et de rendre ainsi vaines les options des candidats qui se présentent uniquement pour pouvoir négocier entre les deux tours et de marchander (en argent et en postes ministériels ou électifs) leur soutien. Le yoyo de Djibo Kâ, lors de l’élection de 2000, entre les candidats Wade et Diouf, est resté dans les mémoires comme un exemple typique de ce que le mode de scrutin à deux tours peut produire de mauvais. » Mais Djibo Ka l’a tenté et a  échoué lamentablement, donc, c’est un exemple nul. Et puis qu’est-ce qui nous assure que vous n’êtes pas sur les mêmes traces que ce dernier ? Vous semblez ne prêter aucune capacité de discernement et de suffisamment d’intelligence aux citoyens sénégalais à faire la part des choses. Le raisonnement de Mr Lo, n’est fondé que sur des individus avec leurs  potentialités surestimées mais, à aucun moment, il n’a pensé, que les populations sénégalaises qui subissent encore les affres d’un régime aussi honni, ne pourraient prendre leurs responsabilités comme en 2000, pour chasser Me Wade avec son camp et, choisir parmi ce pléthore de candidats, un de leur préférence, légitimement. C’est un mépris inacceptable et impardonnable ! Il est cependant, toujours préférable qu’un peuple se trompa sur son choix, plutôt qu’un individu qui, parfois, n’est guidé que son égoïsme et sa cupidité.
Monsieur Moubarack Lo et tous ceux qui penseraient comme lui, devraient plutôt réfléchir et se préoccuper davantage sur la qualité, la fiabilité, la pérennité de nos institutions qui garantiraient une expression libre, incontestable, transparente et démocratique des Sénégalais, à toutes les consultations électorales. Le recul ou rétrécissement sans précédent de notre système électoral, par le fait de Me Wade, est indéniable aujourd’hui. Il réforme et transforme tous les textes qui, à ses yeux,  ne lui conviennent pas, sans aucune consultation avec les autres acteurs concernés, que sont, les politiques, la société civile et globalement les citoyens sénégalais qui devraient se prononcer par référendum sur toutes les questions qui fondent la république. Et, il viole de surcroit, d’une manière flagrante et sans état d’âme, tous les textes de loi qui sous-tendent le code électoral et les lois y relatives, à sa défaveur et qui présideraient à des élections transparentes incontestables. Mais cette partie de la contribution de Lo, ne confirme-telle pas ou justifie tout le mal ou les doutes que l’on pense de Me Wade ? : «  M. Wade qui peut user des moyens que lui confère le Pouvoir pour renforcer ses chances de succès : révision de la Constitution, attraction de porteurs de voix à travers des incitations de nature diverse., etc. »  Est-il permis de faire encore confiance à un tel homme, après 10 ans d’expérience, et qui n’hésite pas un seul instant, d’user des biens de la nation, à des fins personnelles, pour se maintenir au pouvoir contre la volonté populaire?

En suivant la logique boiteuse et antidémocratique, des partisans d’un seul tour à l’élection présidentielle, notre pays, le Sénégal, la plus vieille tradition démocratie africaine, pourrait élire en ce XXIe siècle, un président de la République avec bien moins que 50% des suffrages exprimés, ce qui est de très loin, différent de la majorité absolue des citoyens sénégalais. Au pire des cas, on pourrait même élire le chef de l’Etat avec 15% seulement des suffrages exprimés, si le nombre de candidats était très important, c’est-à-dire, avec une voix seulement  de plus que celui qui est arrivé second, on est élu d’office.
Alors, Moubarack a des craintes et, redoute la violence en de perte des élections par Me Wade ou, simplement, s’il est renvoyé au 2e Tour. Ses arguments ne peuvent vraiment convaincre personne de sérieux. Jugez-en vous-mêmes : « Le second élément qui rend le choix du premier tour pertinent, dans les circonstances actuelles du Sénégal, c’est le risque élevé de tensions politico-sociales qui pourrait naître d’un second tour. En mars 2000, Abdou Diouf ne pensait certainement pas pouvoir perdre l’élection, ayant seulement besoin de 9 points pour franchir la barre de 50%. En tant que démocrate, il a, malgré tout, accepté le verdict des urnes et félicité son challenger dès le lendemain du second tour. En 2012, Abdoulaye Wade, si d’aventure les électeurs le renvoyaient au second tour, ferait tout pour ne pas vivre la même expérience que Diouf. Et, il a démontré, en dix ans d’exercice du Pouvoir, qu’il savait mettre les moyens au service de ses fins, y compris, en titillant parfois la légalité. » Il est pourtant  connu, les raisons de contester les résultats d’une élection résident dans le fond, sur la non transparence, dans l’organisation frauduleuse du scrutin, une absence notoire de démocratie et autres manquements et violations des règles du jeu. Et si l’on suit les arguments avancés, Me Wade n’est pas prêt aujourd’hui comme demain, à accepter une défaite démocratiquement établie, ce qui est inéluctable, malgré tout le tripatouillage qu’il fait depuis son arrivée au pouvoir, sur nos institutions.
Alors, il est bien à se demander,  si les craintes de Monsieur Lo sont pour la sauvegarde du bien être  du peuple sénégalais, qui n’a que ses chaînes à perdre et le risque de voir leur pays transformé en une monarchie ; ou, c’est la défaite prochaine de Me Wade qui risque d’amener des troubles selon lui,  dans le pays, qui l’inquiète sérieusement ? Mais pourquoi ?
Il y a franchement, des gens qui prennent tous les Sénégalais pour des demeurés. Mais, ils se trompent lourdement car, notre peuple a bien de la mémoire. Nous avons noté et bien noté, après la suppression du quart bloquant, les multiples modifications apportées dans la constitution et le code électoral consensuel de 1992, n’était rien d’autre que, pour avantager le président en exercice. Le fichier électoral version électronique domicilié à la présidence et au ministère de l’intérieur, les réformes territoriales des collectivités locales, en catimini, qui bouleversent les données administratives et les Etats civils à la veille des consultations, une CENA mise à la diète, la privation de ses moyens nécessaires de fonctionnement autonome, le choix du président de la CENA sans consultation des autres acteurs politiques de l’opposition, et l’exigence de sa soumission au diktat du président de la République et de son parti, tout ceci ne vise que le même objectif. Ce n’est pas tout, la récente tentative, d’interdire à la presse parlée de diffuser les résultats partiels et définitifs des bureaux de vote fermés, avant 22heures, la caporalisation du Commandement territorial, ainsi que d’autres dérives méconnues, participent à cette phagocytose de notre système démocratique, que des générations de Sénégalais ont travaillé à asseoir, que Me Wade entreprend depuis le premier jour de son installation au pouvoir, de liquider. Tout ceci pour conserver le pouvoir au-delà des limites, par tous les moyens illicites, le plus longtemps possible et ensuite, le transmettre par la voie  monarchique, à son fils.
Me Wade,  en portant la caution des candidats  de manière unilatérale à 25 millions en 2007, procédait à l’élimination d’office, de ceux parmi nous qui avaient plutôt des idées et des programmes alternatifs crédibles à proposer aux Sénégalais. Ce qui est mijoté encore avec un cheval de Troie (Moubarack Lo) participe toujours à cela, à savoir, éliminer par des voies détournées les candidatures potentielles qui risqueraient de le battre dans une consultation transparente. Toutes ces méthodes à la Wade, ne devraient absolument pas passer, si nous tous, patriotes déterminés, nous nous y opposons résolument. C’est pourquoi, le peuple sénégalais doit demeurer vigilant aujourd’hui plus qu’hier, afin de veiller au grain, à ce que tous ces opportunistes de tout bord qui roulent masqués sous le couvert de la société civile, pour Abdoulaye Wade, soient dénoncés avec force,  sans ménagement aucun. La campagne d’intoxication de Moubarack Lo, soi-disant crainte pour le peuple sénégalais ou des marchandages politiques entre des candidats, est un faux problème. Mais, n’a-t-il pas lui-même marchandé avec Me Wade ? Qu’il nous dise exactement, l’objet de l’audience qu’il lui a accordée ainsi que le contenu de leurs entretiens?
Les arguments boiteux qu’il a étalés au cours de l’émission « Remue ménage » avec Alassane Samba Diop, face à Abdoul Aziz Diop sur RFM sont si légers, qu’il devrait avoir honte, en réécoutant ses propres paroles. Mais, nous ne devons point nous étonnés, du tout alors ! Car, comme toujours, à pareille époque c’est-à-dire, à la veille de consultations électorales, des individus sortis de nulle part, qui se croient investis d’une science politique exceptionnelle, qui ne représentent que leur ombre, nous parlent  « d’idées géniales » ou tentent de nous indiquer « une voie », qui, en vérité, ne nous mènera que vers, la réélection de leur commanditaire, qui n’est personne d’autre que Abdoulaye Wade.
Cette tentative de vouloir fourvoyer le peuple sénégalais dans des combines, ne diffère en rien d’avec la volonté manifeste de lui  dénier le libre choix de ses dirigeants pour demain.
Nous ne saurons peut être jamais, à combien Moubarack à monnayer cette mission pour le compte de Me Wade mais, l’histoire retiendra qu’il aura vendu son âme pour rien comme ceux qui l’ont précédés dans de telles manœuvres funestes car, on ne peut, ni arrêter, ni contrer la roue de l’histoire, donc, tout ceci est une peine perdue, Monsieur Moubarack Lo.

    Mandiaye Gaye
Gaye_mandiaye@hotmail.com