Quotidien d'informations du Senegal. Le président Abdoulaye Wade a clôturé hier la 2e concertation nationale sur le crédit aux PME, aux côtés des ministres d’Etat Abdoulaye Diop et Ahmadou Sall, respectivement en charge des départements de l’Economie et de la Justice, de M. Philippe Henri Dacoury-Tabley, Gouverneur de la Bceao et de Mme Aminata Niane, Directeur général d’Apix s.a. Alors qu’une batterie de mesures est annoncée, les pays émergents dans le viseur, Me Wade veut aller plus loin et plus vite.
Venu présider la cérémonie de clôture de la 2e concertation sur le financement des Pme, le Chef de l’Etat sénégalais est parti de sa conviction selon laquelle qu’il n’y a pas de développement en dehors des PME/PMI. Estimant que celles-ci participent pour 42 % dans la création d’emplois et 33 % à la formation du Pib. Il a appelé toutefois à lever une confusion en évitant d’appliquer les mêmes solutions préconisées dans les pays développés qui ont déjà franchi le cap. Il indiquera en plus que la PME doit être au cœur du développement économique en y jouant un « rôle d’accélérateur de la croissance et de la production ». Or dira-t-il, bien que nous ayons adopté une Loi d’orientation et la Charte des Pme, le Sénégal vit encore dans « un système où on n’a pas confiance ». Pour tous les acteurs (Etat, banques, secteur privé), le diagnostic est clair : les Pme/Pmi doivent être le moteur de la croissance, mais le constat est qu’elles continuent d’être confrontées à une rareté des ressources de financement, en particulier, les crédits à long terme jugés inexistants. Pour un pays comme le Sénégal qui aspire à l’émergence, le benchmarking démontre que sur un indicateur comme « l’obtention de crédit », « nous sommes classés 150e au monde ». Le taux de bancarisation est encore très faible, à 11,6 % en 2007, comparé à la Tunisie (60 %), le Maroc (40 %) et l’Afrique du Sud (63 %).
Le ratio de crédits à l’économie rapporté au Pib n’était que de 22,9 % et de 24,2 % en 2008, contre plus de 80 % au Maroc. Devant la faiblesse constatée de l’accès aux services financiers et de l’insuffisante diversification du secteur financier (faible développement du crédit-bail et de la finance islamique, par exemple), Me Wade dira, s’adressant à la Bceao, que le problème dépasse le niveau de l’institution financière et devrait être pris en charge par les chefs d’Etat. « Je suis ambitieux et je pense que nous manquons d’audace », a-t-il lancé. Comme en écho au Gouverneur de la Bceao qui avait auparavant exhorté ses pairs à l’action, à l’innovation et à l’audace. Après avoir dégagé la vision de l’institution d’émission et identifié les mêmes contraintes, M. Dacoury-Tabley avait indiqué les mesures prises et la nécessaire synergie entre la banque, les Etats et le secteur privé, pour ensuite donner quelques pistes de réflexion. Celles-ci concernent notamment la mise en place d’un cadre juridique adéquat et d’un système fiscal favorable, le renforcement des dispositifs d’encadrement et la simplification des garanties. Il a réitéré l’engagement de la banque centrale à examiner et à analyser les recommandations de la concertation touchant particulièrement la loi bancaire et la diversification des instruments de financements de la Pme.
Auparavant et à la suite des communications sur le crédit bail et la création de bureaux d’information sur le crédit, la directrice de la monnaie du crédit, Mme Oulimata Diop avait présenté une séries de recommandations en 13 points qui devront être soumis à un mécanisme permanent de suivi.
Fara SAMBE