Quotidien d'informations du Senegal.Pour le ministre Khouraïchy Thiam, face aux impératifs de développement, de sûreté et de sécurité des ports africains, la situation interpelle tous les Etats africains. ‘L’Union africaine, pour sa part, a entrepris la mise en œuvre du plan stratégique visant les objectifs du millénaire dans le domaine des transports maritimes, décliné dans le cadre de la résolution des Nations unies, relative au renforcement des capacités, par la formation des gens de mer et des personnels des ports, pour une meilleure prise en compte de la sûreté et de la sécurité maritime, ainsi que de la protection de l’environnement marin dans le cadre de l’exploitation rationnelle des institutions portuaires et des navires’, soutient-il. Raison pour laquelle, il a invité les participants à ce forum de faire un diagnostic sans complaisance et de poser les vrais problèmes en Afrique. ‘C’est ici le lieu de poser les problèmes tels que vous les viviez dans vos ports respectifs et de trouver les solutions idoines. Il convient, dès lors, d’aider notre continent à se mettre à niveau, pour participer positivement au développement des transports maritimes internationaux et instaurer une politique commune de sécurité maritime dans les ports’, ajoute Khouraïchy Thiam.
Pour le directeur général du Port autonome de Dakar, Bara Sady, les ports se doivent non seulement de mettre à la disposition des navires des infrastructures de qualité, mais aussi d’assurer des prestations de services de premier ordre par un personnel bien formé au plan technique et surtout attentif aux conditions, si changeantes, du transport maritime international caractérisé en particulier par des avancées impressionnantes dans la technologie des navires et la prise en charge des questions induites de sécurité. ‘Les pilotes maritimes, de par leur position centrale dans la chaîne des opérations, ont à cet égard, un rôle de premier plan à jouer par une remise en cause permanente des connaissances acquises et l’échange d’expériences’, déclare Bara Sady.
LE PORT DE DAKAR A PRIS LES DEVANTS : Dix pilotes sont en formation à l’étranger depuis 10 ans
Ayant senti très tôt la carence de pilotes maritimes sur le plan international, et conscient que l’activité économique du Sénégal est largement tributaire du Port autonome de Dakar, le gouvernement a pris les devants pour ne pas subir les contre-coûts d’un tel manque. C’est ainsi que dix pilotes sont en train de subir une formation au Maroc pour assurer la relève et, par ricochet, combler le gap de pilotes maritimes dans le pays. ‘La formation dure plus de dix ans. Donc, si les ports africains ne prennent pas les dispositions adéquates pour préparer la relève, la carence risque de s’aggraver plus tard’.
Chargés d’accoster les bateaux à leur arrivée dans les principaux ports, les pilotes maritimes deviennent de plus en plus rares dans les pays africains. La demande sur le plan international étant forte, certains n’hésitent pas à aller monnayer leur science en Occident où ils sont souvent payés trois ou quatre fois plus qu’en Afrique. Et pour Bara Sady, si cette situation persiste, cela risque de se répercuter sur le temps d’attente des navires au niveau des ports. ‘Les bateaux peuvent attendre plus que prévu. Et comme les armateurs disent souvent que le temps gagné en mer est perdu dans les ports, il ne faut pas qu’ils en perdent davantage à cause d’un manque de pilotes. C’est la raison pour laquelle, au niveau du port de Dakar, nous avons pris les devants depuis plusieurs années pour assurer la relève’, déclare le directeur général du Port de Dakar. Très rassurant, Bara Sady indique que le Sénégal ne devrait pas connaître trop de problèmes à ce niveau dans la mesure où les pilotes en formation doivent être opérationnels dans une année.
Abondant dans le même sens que le directeur du Port, le commandant Oumar Dramé, secrétaire général du Syndicat professionnel des pilotes maritimes, informe que sur les quatorze pilotes que compte la station de Dakar, la moitié va partir à la retraite en 2012. ‘C’est pourquoi, nous avons su anticiper et envoyer en formation à l’étranger une dizaine de pilotes. Nous avions commencé à réfléchir sur cela depuis 1998’, ajoute-t-il.
Seyni DIOP