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Métiers et emplois : Pourquoi le répertoire tarde à être opérationnel.
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Journal Walfadjri
Quotidien d'informations du Senegal.
 
Par Journal Walfadjri
Publié sur 03/15/2010
 
Il y a une certaine léthargie qui est observée dans la mise en place du répertoire des métiers et emplois. L’arrêt du financement du projet Rome par l’Etat pour défaut de résultat en est la raison fondamentale.

Métiers et emplois : Pourquoi le répertoire tarde à être opérationnel.
Un coin du voile se lève sur les raisons de la lenteur observée dans la mise en place d’un Répertoire opérationnel des métiers et des emplois au Sénégal (Rome). La cause principale est relative à l’arrêt du financement, par l’Etat, du projet pour absence de résultat. Son coordonnateur national en a fait la révélation, samedi dernier, au cours d’un ‘Café Rh’, un cadre de dialogue et d’échange initié par l’Association nationale des directeurs et cadres du personnel (Andcp) Sénégal. ‘Pour la mise en place du projet Rome, l’Etat avait inscrit 150 millions de francs dans le Budget consolidé d’investissement (Bci). Ce même montant avait été dans le Bci pour la phase des enquêtes. Mais depuis 2007, ce montant n’est plus réinscrit dans le Bci. N’ayant pas vu les résultats escomptés, l’Etat a coupé le robinet’, a expliqué M. Mbaye Sar.

Lancé en 2003 par les pouvoirs publics, le projet devrait, dans sa phase expérimentale de deux ans, mettre dans des fiches le contenu des métiers et emplois, les compétences requises pour les exercer, les niveaux généralement exigés pour y parvenir, les conditions de travail les plus souvent rencontrées. Or, pour M. Sar, les moyens mis en place et le temps étaient très insuffisants au regard de la délicatesse et de la complexité du travail demandé. ‘En France, le budget qui a été dégagé pour le Rome est de 10 milliards de francs Cfa. Et ce pays a pris une période de 11 ans pour mettre en place ce projet. Ce qui n’est pas le cas au Sénégal où le budget est 940 millions de francs’, a-t-il fait remarquer.

Dans ce contexte de rareté des ressources, le Rome est plongé depuis lors dans une profonde léthargie. Il a fallu attendre 2009 pour voir le projet reprendre ses activités. Et il le doit grâce à l’Union européenne (Ue) qui a déboursé 10 000 euros, soit environ 650 millions de francs Cfa. Ce qui constitue une véritable bouffée d’oxygène pour le groupe des experts du projet, appelés aussi Romains, en référence aux populations de la ville de Rome, en Italie, de dérouler une nouvelle feuille de route pour l’année 2010.

C’est ainsi que, selon Mbaye Sar, 70 fiches des emplois et des métiers qui ont été élaborées ont fait l’objet de validation interne le 20 janvier 2010 avec l’appui de l’Ue.

Actuellement, le projet poursuit son chemin avec la lecture des fiches, par les utilisateurs, prévue à la fin du mois de mai de la même année. Le dernier virage est attendu en juin prochain où il est prévu l’édition et la parution de cet ouvrage destiné aux demandeurs d’emplois, aux entreprises et à l’Etat.

En tout cas, ce référentiel est très attendu par les gestionnaires des ressources humaines. Ils le considèrent comme un outil devant leur permettre de gérer en amont les conflits dans l’entreprise et de permettre à celle-ci d’être compétitive. ‘La fonction ressource humaine continue d’être traitée en parent pauvre par rapport aux référentiels qui leur manquent. Il n’y a pas de système de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. Le Rome n’est pas encore arrivé. Un décret vient d’être pris en 2009 sur le bilan social’, a déploré le président de l’Andcp Sénégal. Et M. Alioune M. Faye de se poser des questions. ‘Dans ce cas, quel dialogue avec les partenaires sociaux ? Est-ce que le climat délétère qui prévaut dans les entreprises ne découle pas de ce manque de référentiels sans lesquels il sera difficile pour les entreprises d’être compétitives ?’, s’est-il interrogé. Sans manquer de souligner que ce manquement pourrait être une menace à la Stratégie de croissance accélérée (Sca).

Aussi, M. Faye a-t-il préconisé la mise en place d’un Conseil interministériel ou Conseil national de l’éducation, de la formation et de l’emploi. Car, pour lui, les enjeux permettraient d’agir en profondeur sur la structure et la stratégie éducative, de l’emploi, l’organisation des rapports au savoir, la formalisation des compétences à acquérir et donc les savoirs à enseigner toujours au service de l’entreprise.

Il a aussi invité les responsables du Rome Sénégal à faire preuve de créativité et d’innovation en cherchant un concept qui traduirait mieux les réalités du pays. A ce propos, il a préconisé également la mise en place d’un Référentiel des activités, des compétences et des emplois (Race).

Ndakhté M. GAYE.