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Sénégal: Entre hors tension et surtension
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Arouna BA
Arouna BA est un sénégalais par l'histoire et par la géographie. ex étudiant en physique-chimie à l'UCAD et logisticien stagiaire à CAP Dakar. Il rédige des chroniques pour le site http://www.avenue221.com et anime le blog S3:Science-Société-Sénégal promu par la radio Rfi (http://www.aronts3.mondoblog.org). Sa conviction est que le rôle du scientifique n'est de toujours pantouffler au laboratoire . Il doit pouvoir éclairer la lanterne de la population sur des questions qui cernent et concernent son domaine. 
Par Arouna BA
Publié sur 03/16/2010
 
Le Sénégal, comme beaucoup d’autres pays d’Afrique, célèbre cette année ses 50 ans d’indépendance. Mais un demi-siècle après l’accession à la souveraineté nationale, les coupures d’électricité continuent toujours d’hanter le quotidien de la population.

Entre hors tension et surtension

Le Sénégal, comme beaucoup d’autres pays d’Afrique, célèbre cette année ses 50 ans d’indépendance. Mais un demi-siècle après l’accession à la souveraineté nationale, les coupures d’électricité continuent toujours d’hanter le quotidien de la population. Le Sénégal n’arrive toujours pas à résoudre la lassante et lancinante équation énergétique. Malgré les centaines de milliards de francs Cfa engloutis par la Sénélec –la société nationale d’électricité-, malgré le verbiage interminable des autorités sur la fin des délestages, le problème reste toujours entier. Ces jours-ci, c’est tout Dakar (Mermose, Ouakam, Fann…), la banlieue (Pikine, Thiaroye, Keur Massar…) et beaucoup de régions (Thiès, Louga, St Louis…) qui sont fréquemment hors tension comme on dit dans le jargon scientifique. Avec ces coupures intermittentes, beaucoup de matériels électriques se retrouvent complètement endommagés. Ces désagréments peuvent s’expliquer par le phénomène de la surtension.

 

   En effet, pour fonctionner normalement, un appareil électrique doit être alimenté avec du courant ayant une certaine tension appelée tension nominale. Généralement, elle est inscrite sur chaque appareil. Il y a surtension lorsque la tension délivrée par le courant est supérieure à la tension nominale.

 

  Au Sénégal et dans d’autres pays comme la France, la tension délivrée par les prises de courant dans les maisons, les édifices publics et les petites entreprises tourne autour de 220 volts. Cette valeur correspond également à la tension nominale de beaucoup de matériels électriques (lampes, postes radio, téléviseurs, appareils électroménagers…).

 

  Après une coupure, lorsque la Sénélec rétablit le courant, il arrive souvent que la tension soit momentanément très supérieure à la normale. Ce retour brutal et surpuissant du courant fait que tous les appareils qui sont branchés au secteur subissent une surtension qui finit par les endommager. Par endroit, la tension a souvent grimpé jusqu’à dépasser les 325 volts, ce qui cause beaucoup de préjudices à la population.

 

   Pourtant, il existe des systèmes de protection des appareils électriques contre ces types de problème. Les fusibles, par exemple, sont installés dans les circuits électriques avant les lampes et les prises de courant. En cas de surtension, le fusible fond dès qu’il est traversé par le courant, ce qui fait sauter le disjoncteur. Le courant n’atteint pas le matériel qui est ainsi protégé. Il y a également des types de disjoncteurs (les disjoncteurs différentiels) qui jouent à peu près le même rôle. Ils sont placés au début d’une installation et protègent le circuit contre d’éventuelles surtensions.

 

   Seulement, nous le savons, rares sont, au Sénégal, les maisons qui sont dotées de systèmes de sécurité performants. La plupart des installations domestiques, (surtout en banlieue) sont laissées entre les mains des électriciens de quartier qui ne maitrisent pas nécessairement toutes les normes de sécurité ou alors les occultent par soucis d’économie.  Dans certains vieux quartiers, comme la Médina par exemple, c’est la vieillesse des installations électriques des maisons qui posent problème car étant en déphasage avec les nouvelles normes de sécurité.

  Dans ces conditions, pour espérer protéger son matériel contre les affres de la Sénélec, il est possible d’utiliser cette technique assez triviale: ‘’Débrancher tous les appareils après une coupure et au retour du courant, attendre au moins quelques minutes avant de les rebrancher au secteur’’. Malheureusement, il est difficile de respecter ces consignes avec un courant qui part et qui revient toutes les 30 minutes.

  Reste à espérer qu’avec le rachat de Gti par l’Etat du Sénégal, la Sénélec va enfin nous délasser en nous déchargeant de ses délestages.

                  

                                                        Arouna BA

                                 Etudiant en Physique-Chimie à l’Ucad

                                                  aronts2e@yahoo.fr