Contribution : Le Président Abdoulaye WADE face aux exigences culturelles de 2010 Monsieur le Président de la République, Je monopolise, votre attention sur l’impérieuse nécessité que s’avère être l’importance de cette lettre à l’occasion de la célébration du cinquantième anniversaire de l’indépendance de plusieurs Etats Africains dont le Sénégal. Acceptez l’hommage de ma citoyenneté qui si chère, ne sera jamais à la hauteur de votre légitimité à la tête de ce peuple qui a toujours cru en vous. Monsieur le président, vous le savez mieux que nous autres de la vaste communauté culturelle que l’année 2010 est une année déterminante tant du point de vue des réalisations culturelles acquises grâce à votre vision prophétique et vos ambitions qui anticipent et s’installent dans l’avenir, tant du coté des réponses qui vous attendent face aux nouvelles exigences profondément enfouies dans ce proverbe africain,que je vais citer : « On ne lance les pierres que sur les arbres fruitiers » fin de citation. La vigilance quotidienne et éternelle nous interpelle désormais. Ceci dit, vous êtes parti des vos grandes idées qui nourrissent nos espoirs pour aujourd’hui arriver au réel, c’est en cela que vous êtes l’arbre géant au milieu du village aux fruits murs. Les pierres qui vous atteindront seront grosses car elles germent de vos grâces, sources de votre réussite. Nous communauté culturelle avons cueilli des fruits qui ont pour noms : Place du souvenir, le Grand Théâtre, le Studio cinématographique, la Porte du Millénaire, la Bibliothèque Nationale, le super Fond à l’Edition, les Archives Nationales, la Maison de la Musique, la Couverture Sociale des Artistes, le Statut des artistes, le Festival Mondial des arts Négres 03, et une Confiance honorifique à un Ministre de la culture issu de la banlieue (la première fois dans l’histoire du Sénégal). En ma qualité de citoyen de la banlieue de Pikine je vous dis toutes nos reconnaissances. Nous n’avons pas oublié le Monument de la Renaissance : Arme Fatale, fruit qui jaillit comme une étincelle libératrice au secours d’un peuple en proie à des intellectuels malhonnêtes en quête de popularité et de surcroît en déphasage total avec les réalités d’un peuple qui attendent d’eux du patriotisme. De patriotes discrets et résolument tournés vers l’essentiel, le Sénégal en compte, écoutons le journaliste Cheikh Yérim SECK à propos du monument de la renaissance Africaine : « Dénier aux africains le droit à des symboles par ce qu’ils sont pauvres procède d’une cécité historique. le château de Versailles, dont la France est si fière, avec ses ors, dorures et lambris, ses 67.000 m2 de superficie, ses 2000 pièces, ses 92 hectares de jardin… a été bâti au XVIIe siècle par Louis XIV à une époque ou, une bonne partie de ses sujets était en proie à la famine. Comme ce château qui abrite aujourd’hui les cérémonials les plus solennels du rituel républicain français, la basilique de Yamoussoukro n’aurait jamais existé si Félix Houphouët- BOIGNY avait plus écouté les sarcasmes que sa volonté d’imiter les bâtisseurs qui firent le rayonnement des empires » No Comment. Monsieur le président, vous avez doté du département de la culture une coopérative d’habitat avec à la clef plusieurs logements et un site identifié. L’année 2010 est historiquement une année de culture pour le Sénégal et le siècle culturel pour l’Afrique grâce à votre génie et votre originalité qui ont poussé même les plus senghoriens à dire : « Wade a dépassé Senghor». Néanmoins, même si nous reconnaissons unanimement sa rapidité et sa maitrise, le cheval a besoin d’être fouetté, dans les règles de l’art, pour aller encore plus vite et plus loin. Dés lors Monsieur le Président, nous devons veiller aux acquis culturels de 2000 à 2010 qui demeurent en somme une exigence de l’heure et appellent à une nécessité de confier tous ces réalisations au ministère de la culture qui dispose des cadres et des techniciens qui savent déjouer certains manquements et éviter certains fiascos qui ne stimulent point vos efforts surhumains consentis au profit de l’avènement de l’art et de la culture. Les convergences culturelles sont devenues possibles grâce aux routes, aux autoroutes à péage, bref aux infrastructures, qui ont permis actuellement la libre circulation des personnes et des biens ; point de départ de tout développement culturel : aujourd’hui les Sérères de Fatick et les Diolas de la Casamance ou le Peulh du Fouta peuvent se retrouver avec un temps record. Les acteurs de la culture, les techniciens du département en charge de la culture ont besoin d’un regain de confiance et la mise en disposition davantage de moyens, puissance et de volonté politique au Ministère de la Culture face aux exigences de l’heure. Tout projet culturel qui ne s’articule pas au cœur du dispositif de ce département souffrirait inéluctablement de l’absence de considérations et de sérieux quelque soit l’aboutissement : la culture est le seul domaine qui est ainsi fait. Finalement, Monsieur le Président tout est exigence et urgence dans ce secteur. Abdoulaye Mamadou GUISSE Président de l’Observatoire de la Musique et des Arts (OMART) Pikine rue 10 villa 8413 tél : 338511450 fax : 338510838