Reprise de la filiale Shell au Sénégal : Elton dévoile ses ambitions.
- Par Journal Walfadjri
- Publié 03/12/2010
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Elton, la Première société multinationale de distribution de produits pétroliers et dont le capital est détenu à 100 % par des nationaux, fête ses dix ans. Après sa première décennie d’activités, la société a des ambitions de grande multinationale. Devant la presse hier, le Top management a décliné les projets de la société pétrolière au Sénégal et dans la sous-région. Elle se veut ‘une entreprise de classe mondiale présente dans toute l’Afrique’. Une de ses grandes ambitions, c’est le rachat de la filiale Shell au Sénégal. Selon le directeur général adjoint de Elton, Babacar Tall, la multinationale sénégalaise ‘n’a pas les moyens’ de reprendre les 20 filiales pour lesquelles Shell s’est désengagée en Afrique. Toutefois, elle est ‘preneur’ pour le Sénégal.
La stratégie du groupe anglo-néerlandais, c’était de privilégier la cession de tout son patrimoine, en un seul lot. ‘Une mission bien difficile’, selon des personnes averties. L’argument avancé étant que tous les géants pétroliers qui ont à la fois les moyens financiers et la vision stratégique, sont tous dans des positions inconfortables. La stratégie de la multinationale française Total-Elf-Fina, c’est de consolider ses récentes acquisitions sur le continent. Le retour des Américains Mobil et Chevron-Texaco, et du Britannique BP, n’est pas attendu. Ceux-là ont été les premiers à quitter le continent.
L’autre option de Shell, c’est de tout céder en deux voire trois blocs régionaux. Le Libyen Oil Libya et le Marocain Afriquia, les Sud-Africains Sasol et Engen, Elton au Sénégal, ainsi que les Portugais de Galp, sont candidats. Le Nigérian Mrs, acquéreur des activités de Chevron-Texaco sur le continent, est également intéressé.
Oil Libya pour sa part, a présenté son offre financière. Selon le directeur général adjoint de Elton, qui a appris l’information par voie de presse, le groupe libyen propose 1 milliard 300 millions de dollars pour le rachat des 20 filiales laissées par Shell. Mais, selon le Dga de Elton, ‘aucune compagnie n’est mieux placée que Elton pour diriger Shell (au Sénégal)’.
Encore employés de la compagnie pétrolière anglo-néerlandaise, les patrons de Elton nourrissaient l’idée de mettre sur pied une société concurrente, 100 % sénégalaise, alors que le marché était contrôlé par les géants européens. Ainsi ils quittèrent la multinationale européenne, à la faveur de la libéralisation du secteur en 1998, et créèrent Elton. La Société d’intervention financière (Sifi), un fonds d’investissements appartenant à d’anciens cadres de la Sococim, mit les moyens financiers.
Au-delà de son souhait d’être l’héritière de l’Anglo-néerlandaise, la question est de savoir si la Sénégalaise peut absorber et digérer une filiale laissée par un géant pétrolier. Sur ce point, Tall avance l’ambition de ‘voir grand’. Elton est déjà présente en Gambie où elle détient 67% des parts. Au Mali, en Guinée et Côte d’ivoire, elle a implanté ses filiales et est détentrice de la totalité du capital. Actuellement, Elton est sur le segment des lubrifiants dans ces trois pays cités, mais elle compte bientôt élargir son offre.
Par ailleurs, la première multinationale sénégalaise dans ce secteur fait un chiffre d’affaires de 45 milliards de francs, et reverse à l’Etat 15 milliards de francs à titre de taxes collectées. Elton dispose de 40 stations-services, deux autres sont en construction dans Dakar et huit autres seront installées dans les régions. L’objectif de la société est ‘d’assurer un maillage du territoire’, selon ses responsables. Toutefois, ‘la faiblesse de Elton, selon l’administrateur de la Sifi Ousmane Faye, c’est la logistique’. Le directeur des opérations Alpha Maalik Dia l’explique par la faible capacité des dépôts auxquels ils sont liés par contrat. Mais il estime que le démarrage des activités de Senstock va améliorer les choses.
Khady BAKHOUM
