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Présidentielle ivoirienne : La mouvance présidentielle pose des nouvelles conditions.
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Journal Sud Quotidien
Quotidien d'informations du Senegal. 
Par Journal Sud Quotidien
Publié sur 03/10/2010
 
Les électeurs ivoiriens devront encore prendre leur mal en patience. Le scrutin présidentiel qui était annoncé pour fin avril-début mai pourrait, de nouveau, être repoussé à plus tard, après les nouvelles exigences posées par la mouvance présidentielle. Celle-ci demande le renouvellement...

Présidentielle ivoirienne : La mouvance présidentielle pose des nouvelles conditions.
Présidentielle ivoirienne : La mouvance présidentielle pose des nouvelles conditions.
Les électeurs ivoiriens devront encore prendre leur mal en patience. Le scrutin présidentiel qui était annoncé pour fin avril-début mai pourrait, de nouveau, être repoussé à plus tard, après les nouvelles exigences posées par la mouvance présidentielle. Celle-ci demande le renouvellement des 415 Commissions électorales locales, la restitution des armes encore aux mains des Forces nouvelles et l’encasernement des anciens rebelles dont est issu le Premier ministre, Guillaume Soro.
Plusieurs fois annoncée et maintes fois reportée, l’élection présidentielle ivoirienne aura-t-elle un jour lieu ? Bien malin celui qui saura répondre à cette question. Le scrutin présidentiel qui était fixé, pour la énième fois, fin avril-début mai, risque d’être repoussé, de nouveau, à plus tard, après les nouvelles exigences posées par la mouvance présidentielle.

Le Front populaire ivoirien (Fpi) du président Laurent Gbagbo pose, en effet, de nouvelles conditions avant la tenue de l’élection présidentielle. Il exige le renouvellement des 415 commissions électorales locales (Cel), c’est-à-dire, les différents démembrements de la Commission électorale indépendante (Cei). Cette nouvelle exigence est perçue par l’opposition comme un nouvel obstacle créé par le camp présidentiel pour retarder l’organisation de l’élection présidentielle. Un porte-parole du Parti démocratique de la Côte d’Ivoire (Pdci) de l’ancien président Konan Bédié qualifie cette décision de dilatoire visant à empêcher la tenue du scrutin présidentiel dans les délais prévus.

Le Rassemblement des hophouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) qui regroupe les principaux partis politiques d’opposition dont le Rdr (Rassemblement des républicains) de l’ancien Premier ministre, Alassane Drame Ouattara, le Pdci et le Parti de l’indépendance et du travail (Pit), ne semble guère surpris par cette déclaration du camp présidentiel. La dissolution, le 12 février dernier, de la Cei par le président Gbagbo, avait provoqué des scènes des violences, dans certains quartiers d’Abidjan, avant de se propager comme une traînée de poudre, dans le reste du pays. Mais, pour le Fpi, c’était le prix à payer pour mettre un terme aux inscriptions frauduleuses des faux électeurs sur les listes électorales. ‘Le président avait dissout la Cei parce que sa tête était pourrie’, a déclaré mardi à Rfi un membre du parti présidentiel. Il fait ainsi allusion à l’ex-président de la Commission électorale indépendante, Robert Beugré Mambé, qui a été limogé par le chef de l’Etat, après la dissolution de la Commission électorale indépendante. Le Fpi qui lorgne la présidence de la Cei, n’a, cependant, pas obtenu tout ce qu’il voulait, c’est-à-dire, mettre un des siens à la tête de cette structure.


La nomination de l’ancien ministre des Affaires étrangères, Yousouf Bakayoko, qui est également issu des rangs de l’opposition, a été acceptée, par le camp présidentiel, à contre-cœur. La mouvance présidentielle est piégée par les accords de paix de Ouagadougou qui octroient à l’opposition le droit de désigner le président de la Cei. Les trois-quarts de ses membres doivent en outre revenir à l’opposition et aux Forces nouvelles contre seulement un quart pour le camp présidentiel. Pour les partisans de Laurent Gbagbo, cette répartition n’est pas juste. Il n’est donc pas étonnant qu’ils cherchent à remettre en cause ces accords sur la composition de la Cei qui les place dans une position de minorité par rapport à l’opposition. Pour eux, Youssouf Bakayoko n’est pas l’homme idéal pour diriger cette structure. Mais, à défaut de pouvoir imposer un des leurs à la tête de la Cei, ils font, contre mauvaise fortune, bon cœur. ‘Il n’est pas aussi blanc que neige’, déclare à ce propos ce responsable du Fpi qui réclame, au passage, la restitution des armes détenues par les Forces nouvelles dont est issu le Premier ministre, Guillaume Soro, et l’encasernement des anciens rebelles comme préalable à la poursuite du processus électoral. Mais, les Forces nouvelles ne semblent guère pressées à rendre leurs armes sans garantie.

Mamadou Aliou DIALLO