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Retour à la barbarie
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Arouna BA
Arouna BA est un sénégalais par l'histoire et par la géographie. ex étudiant en physique-chimie à l'UCAD et logisticien stagiaire à CAP Dakar. Il rédige des chroniques pour le site http://www.avenue221.com et anime le blog S3:Science-Société-Sénégal promu par la radio Rfi (http://www.aronts3.mondoblog.org). Sa conviction est que le rôle du scientifique n'est de toujours pantouffler au laboratoire . Il doit pouvoir éclairer la lanterne de la population sur des questions qui cernent et concernent son domaine. 
Par Arouna BA
Publié sur 02/9/2010
 
Les nouvelles têtes brûlées qui ont pris les rênes de l’amicale des étudiants de la faculté des Sciences et Techniques (FST) de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) ont déclenché, depuis quelques jours, une grève qui est partie pour durer. Ce mouvement était prévisible depuis le 16...

Retour à la barbarie
Les nouvelles têtes brûlées qui ont pris les rênes de l’amicale des étudiants de la faculté des Sciences et Techniques (FST) de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) ont déclenché, depuis quelques jours, une grève qui est partie pour durer. Ce mouvement était prévisible depuis le 16 octobre dernier quand le président de l’amicale, avec sa piètre personnalité et son excès de zèle, faisait une sortie sur les ondes de Walf TV. Une sortie qui laissait présager, en filigrane, sa farouche volonté de perturber l’année pour marquer sa présence.

 Après deux années d’accalmie au sein de la faculté, les délégués ont eu l’envie d’aller bondir et rebondir, telles des bêtes blessées, au rythme des Assemblées Générales (AG) toutes les 72heures. Aidés en cela par de malheureux étudiants soucieux de s’octroyer quelques semaines de congé, ils ont peaufiné une plate forme à la limite fallacieuse qui, en vérité, ne valait pas tout ce tintamarre. La suite se devine aisément. Après quelques semaines de show à la Dadis Camara dans des AG, ils vont se livrer à une altercation sauvage contre les forces de l’ordre et semer un parfait désordre devant le portail de l’université. Finalement, après plusieurs mois hors des amphis, ils vont s’empresser de lever le mot d’ordre pour éviter de justesse une année invalide.

A l’exception de la faculté de médecine, toutes les autres facultés nous servent chaque année le même scénario depuis plusieurs générations. Les programmes n’y sont jamais achevés. La violence a fini de s’y ériger en loi à la place de la lumière du savoir. Les amicales ont fait perdre à l’université toute crédibilité. Pire, elles forment, en leur sein, des menteurs et des voleurs hors pairs qui, malheureusement, vont constituer la classe politique de demain.  En effet, nous le savons, la quasi-totalité des autorités politiques qui excellent aujourd’hui dans la tortuosité, le mensonge, les gaspillages et pillages ont fait leurs débuts dans ces amicales de faculté.

Mais si les étudiants continuent de semer le bordel à l’Ucad malgré le concert d’indignation de la population sénégalaise, c’est sans doute à cause du laxisme criard des autorités universitaires.. Il est, en effet, incompréhensible que ces dernières réservent aux amicales des budgets aussi importants (5 à 10 millions de franc Cfa) sans qu’il n’y ait le moindre dispositif d’audit ou de contrôle des fonds. Mais d’aucuns disent que c’est parce que ces autorités sont elles-mêmes de grands délinquants et sont dans une mauvaise posture pour piper mot sur la gestion des budgets des amicales. Et nous sommes tentés d’accorder du crédit à leurs propos au vu des évènements de ces derniers jours :

-Le doyen de la FST a été accusé de détournement de fond (50 millions de franc Cfa) et de s’être acheté une nouvelle voiture 4x4 avec cette somme. Interpellé à deux reprises par la presse, il a refusé de s’expliquer sur la question.

-Il y a tout juste quelques jours, l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp)  a révélé d’énormes dérapages sur la gestion du Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD).

-Quelques semaines auparavant,  le journal Rewmi avait publié une enquête dans laquelle le journaliste Mouth Bane parlait de la gestion désastreuse du COUD par son ex-directeur Iba Guèye.

 C’est peut-être peu pour se faire une religion sur les autorités universitaires, mais suffisant pour douter sérieusement de leur bonne foi. D’autant plus que la plupart d’entre elles sont de grands politiciens à l’image des trois derniers directeurs du COUD qui sont loin d’être de bons exemples en la matière.

En effet, tous les trois sont des transhumants. Ils ont tous sacrifié leurs conviction et idéal politiques au profit de la politique alimentaire. Le premier, Sada Ndiaye, est un ancien militant du Parti Socialiste (PS). Il a abandonné son parti pour se rallier au PDS aux premières heures de gloire de celui-ci. Idem pour Iba Guèye, le deuxième. Il a lâché ses compagnons du PS pour faire acte d’allégeance au Pape du Sopi. Le dernier, Sitor Ndour, s’est surtout distingué dans son jeu de yoyo politique. D’abord militant du PDS, il a quitté le parti pour suivre l’APR de Macky Sall tout en espérant comme récompense, la mairie de Fatick. N’ayant pas obtenu ce poste, il est tout bonnement retourné au PDS. Actuellement à la tête du COUD, il est en train, selon certains ouï-dire, de dilapider les lits du campus entre les étudiants ressortissants de Fatick et les filles de l’amicale des étudiants drépanocytaires de l’UCAD avec la complicité de Mme Thiam (responsable du logement des filles).

Comment des responsables de ce genre peuvent –ils se faire respecter ?

En tout cas, avec des autorités dépourvues d’un minimum de morale, des amicales qui font partager entre le rire et le rage et une masse estudiantine qui se laisse régenter aussi facilement, l’Ucad  est devenue, aujourd’hui, un immense foutoir.  

Arouna BA