Un sol déchiré, des bâtiments effondrés, des cadavres à chaque coin de rue, une ville ravagée, une population martyrisée… Tel est le spectacle apocalyptique qui a prévalu en Haïti lors du violent tremblement de terre qui a littéralement défiguré la capitale Port-au-Prince. Le géologue Patrick Charles avait pourtant prédit cette catastrophe et avait sonné l’alerte depuis septembre 2008 dans le journal haïtien Le Matin. Malheureusement rien n’a pu se faire limiter les dégâts. Le drame a presque atteint son paroxysme. Le bilan matériel et humain a été effroyable.

Les tremblements de terre sont des catastrophes naturelles qui ont jalonné toute l’histoire de notre planète. Leurs causes sont à chercher dans les 60 premiers kilomètres de la couche externe de la terre où sont logées des plaques géantes qui sont constamment en mouvement. Ces mouvements provoquent l’étirement (ou la compression) des roches superficielles jusqu’à entrainer une cassure brutale de celles-ci. C’est cette rupture qui provoque les tremblements de terre.  Lorsqu’il y a secousse, la terre bouge de gauche à droite. Mais une petite exception est faite pour un pays de l’Amérique du nord, le Canada. Au Québec, la terre bouge de haut en bas lors des séismes. Le Québec rebondit, comme on dit.  Mais dans d’autres zones sismiques comme Los Angeles, San Francisco, Tokyo ou Naples, par exemple, les secousses se font latéralement avec des intensités différentes. Pour jauger cette intensité, le sismologue Charles Richter a établi une échelle allant de 2 à 9 qui mesure la magnitude des  tremblements de terre à partir de l’énergie dégagée au foyer.

En dessous de 3,5, la secousse n’est pas ressentie mais  peut être détectée et enregistrée par des appareils (les sismomètres). Au delà de 3,5, le séisme comme à se ressentir et les dommages s’accroissent graduellement jusqu’à 6,9. Au dessus de ce chiffre, le séisme devient très dévastateur et crée d’énormes dégâts sur des plusieurs kilomètres. Dans la capitale haïtienne, la terre a tremblé avec une magnitude de 7 sur l’échelle de Richter. Plusieurs autres secousses de magnitudes assez faibles s’en sont suivies. Mais une semaine plus tard, la terre y a tremblé de nouveau avec une magnitude de 6. Il est donc compréhensible que la catastrophe atteigne une telle ampleur.

Pourtant, il existe aujourd’hui des moyens plus ou moins efficaces pour limiter les dommages causés par des séismes. Même si la prédiction des séismes reste encore une équation difficile à résoudre pour les sismologues, les zones sismiques sont par contre facilement identifiées et la fréquence des secousses peut être déterminée.  De plus, dans beaucoup de pays sismiques, les nouvelles constructions sont conçues de sortes qu’elles puissent résister à de violents  tremblements de terre. Au Japon, par exemple, les maisons parasismiques ont connu un développement fulgurent grâce, notamment, à la firme Toyota Home.

En Californie, les séismes ne provoquent pratiquement plus de dégâts majeurs. La preuve, le 09 janvier dernier, un séisme de magnitude 6,5 s’est produit dans cette région mais il n’y a eu aucun blessé. Juste quelques vitres cassées dans certains magasins et des produits tombés des étagères.  C’est dire que dans ces pays, les bâtisses sont rarement effondrées lors des séismes. Il est donc nécessaire qu’ils puissent contribuer, par leur expertise, à la reconstruction d’Haïti, aujourd’hui complètement dévastée.

En attendant, le pays natal de Lucien Lemoine tente de se relever, avec le soutien du monde, dans la tristesse et le stresse. Comme pour dire qu’après les tremblements de terre, c’est les tremblements de têtes.

Arouna   BA   
Etudiant en Physique-Chimie à l’Ucad
aronts2e@yahoo.fr