Le titre peut paraître intrigant pour plus d'un. Les mathématiques, science du calcul, science exacte et abstraite, science aux multiples signes mélangés dans un magma de chiffres et de lettres; quel rapport avec la politique?

D'aucuns penseront que c'est une manière triviale de faire allusion aux calculs politiques qui se nichent derrière les discours démagogiques et autres actes posés par nos politiciens au quotidien. Mais non! C'est plutôt pour déceler, entre elles, une certaine relation à travers une magnifique application des mathématiques sur l'informatique.

En parlant d'informatique, ce n'est point le travail  de ces secrétaires de bureau qui font danser leurs doigts sur les claviers à longueur de journée qui nous intéresse ici. Mais plutôt  un tout autre domaine très pointu et plus intéressant encore: la cryptologie.

Au Sénégal, la cryptologie est surtout utilisée par les hautes institutions de l'Etat, les représentations diplomatiques et certaines banques. En effet, dans un Etat, par exemple, il y a un certain  nombre  d'informations et renseignements qui doivent rester secrets ou confidentiels d’où le terme « secrets d’Etat ».  Mais avec le développement fulgurant de l’internet et de la technologie, il est possible d’accéder à des informations classifiées d’une institution via le net. Par ailleurs, si les différents ordinateurs branchés sur internet sont sécurisés par des mots de passe, donc inaccessibles par un ennemi, les messages échangés entre deux ordinateurs à travers le net peuvent, quant à eux, être facilement interceptés. l'espionage devient alors chose aisée d'autant plus que l'internet est devenu aujourd'hui un outil essentiel de communication. Il faut donc trouver un moyen de garantir la sécurité des ces informations. C’est la cryptologie qui s’en charge. Et c’est pour cela qu’elle est surnommée `la science du secret`.

Comme son nom l’indique, elle permet de crypter les informations de façon à les rendre inintelligibles aux yeux de certains utilisateurs. Il s’agit, dans le cas d’un texte, par exemple, de transformer les lettres en une succession de chiffres. En informatique, on utilise uniquement le 0 et le 1, car le fonctionnement des ordinateurs est basé sur ces deux chiffres.

Ensuite, on effectue  une série de calculs mathématiques sur ces chiffres afin de modifier leur arrangement de façon à les rendre absolument incompréhensibles. Le message crypté devient ainsi « une énigme enveloppée dans un mystère, le tout enfoui dans un secret ».

Cette séquence de calculs est appelée algorithme. On peut créer une myriade d’algorithmes d’une complexité inouïe et d’une sécurité presque parfaite.  A chaque algorithme de cryptage correspond une clé c’est-à-dire un autre algorithme qui permet de décrypter le message codé.

Ainsi donc, les cryptologues sont, avant tout, des mathématiciens de haut niveau. Leur rôle dans les institutions est de développer des algorithmes de cryptage et des clés puis de tester leur efficacité en vue de sécuriser leurs systèmes informatiques.

A  ceux qui se posaient des questions sur l’utilité des mathématiques, en voici une, parmi tant d’autres, qui profite beaucoup à la politique.

Par ailleurs, ayant une vue panoramique du paysage politique sénégalais, nous ne pouvons pas manquer de comparer nos politiciens à des éléments mathématiques. La transhumance politique est très fréquente dans le pays.  Les acteurs politiques changent de camps au gré de leurs propres intérêts et leurs discours changent  tout  autant.  Nous disons alors qu’au Sénégal, les hommes politiques sont comme des êtres mathématiques. Dès qu’ils changent de sens, ils changent de signes.

                                           Arouna BA

                              Etudiant en Physique-Chimie à l’UCAD
                                       aronts2e@yahoo.fr
                                           77 428 09 75