Le Président Wade et l’Eglise

Ce que je crois…

Je voudrais tout d’abord prier Dieu l’Unique, ce Dieu de Moise et d’Abraham, ce Dieu de Jésus et de Mohamed (PSL) pour qu’Il fasse que ma plume et mon verbe soient perçus uniquement dans le sens l’apaisement, de l’amour et de la fraternité religieuse entre les gens du Livre en général, entre Chrétiens et Musulmans en particulier.

Ma modeste contribution de ce jour est de rappeler aux enfants de Jésus et au peuple de Mohamed (PSL) que c’est un moine chrétien nestorien du nom de Bahira qui découvrit la « marque de la Prophétie » entre les deux omoplates de Seydina Mohamed (PSL), lors d’un voyage avec son oncle Abu Talib à Bosra. Je voudrais rappeler que le peuple sénégalais majoritairement musulman qui a élu, respecté le Président Léopold Sédar Senghor, issu de la minorité chrétienne. Ainsi, notre pays a donné aux peuples du Monde, un bel exemple de tolérance et de fraternité religieuse.

Je voudrais rappeler aux enfants de Jésus et au peuple de Mohamed (PSL) que le 12 septembre 2006, le Pape Benoit XVI en visite à Ratisbonne en Allemagne, avait entamé son discours sur les rapports entre la religion et la violence. Une malheureuse citation de ce discours avait déclenché de vives réactions majoritairement négatives dans le monde musulman. Mais les Chrétiens et les Musulmans du Sénégal ont su faire preuve de dépassement et demeurer sereins pour préserver l’unité nationale.  Et le Pape Benoit XVI, en toute humilité, avait exprimé ses regrets aux musulmans.

Si l’on revisitait l’histoire du Sénégal, il serait aisé de trouver  que des hommes d’Eglise comme l’Abbé David Boilat dans son livre « Esquisses sénégalaises » a tenu des propos insultants sur le Prophète de l’Islam, sur les marabouts, les talibés, les griots et l’ethnie Sérére. Mais le peuple sénégalais a toujours su rester serein. Il a toujours choisi de préserver l’unité nationale et la fraternité religieuse. De surcroit, des établissements scolaires et des amphithéâtres de notre pays portent le nom de cet abbé, pourtant auteur de graves propos contre des segments sensibles de la société sénégalaise, je devrais dire de notre peuple.

J’ai rarement échangé avec le Président Wade. En revanche, j’ai souvent discuté avec son grand frère le sage patriarche Amadou Moustapha Wade. Celui-ci m’a souvent relaté ses relations privilégiées avec Feu Elhadj Abdoul Aziz Sy Dabakh (que Dieu soit satisfait de lui), qui fut un véritable ami des chrétiens. Il m’a affirmé partager ses convictions religieuses avec son frère le Président Wade. C’est la raison pour laquelle, je ne doute nullement de la bonne foi du Président de la République, comme je n’ai jamais douté, au demeurant, de celle du Pape Benoit XVI après son discours sur l’Islam et la violence. Je suis convaincu, à l’instar de la majorité des chrétiens et des musulmans, que le Chef de l’Etat ne saurait se faire harakiri en s’attaquant à une religion plus puissante que les Etats-Unis d’Amérique, en termes d’influence à travers le Monde.

Cela est d’autant plus vrai que le Président Wade a déclaré dans sa récente adresse à la Nation, qu’ « il est déterminé à faire du Sénégal une société où musulmans et chrétiens continueront, comme par le passé, à être des frères et des sœurs ». Il a ensuite conclu en assurant qu’ « il n’a jamais eu l’intention de s’attaquer à la religion chrétienne ». Comme l’a déclaré l’homme d’Etat Ousmane Tanor Dieng, il s’agira alors de « faire preuve de dépassement ».

Comme pour nous inviter au banquet de la raison, le Coran glorieux nous rappelle l’amitié islamo chrétien en ces termes dans la sourate Al Mahida (la table servie) verset 82 qui nous dit ceci : « Tu trouveras certainement que les Juifs et les associateurs sont les ennemis les plus acharnés des croyants. Et tu trouveras certes que les plus disposés à aimer les croyants sont ceux qui disent : « nous sommes chrétiens ». C’est qu’il y a parmi eux des prêtres et des moines, et qu’ils ne s’enflent pas d’orgueil.»

A ce verset fédérateur qui incite à la fraternité religieuse entre Chrétiens et Musulmans, s’ajoute un autre verset que j’ai tiré de la Sourate Al Kafiroune sourate 6 : « A vous votre religion et à moi ma religion ».

En faisant preuve de dépassement et de sérénité de part et d’autre, je demeure convaincu qu’après les émotions et les passions, les incompréhensions et les colères, la raison et la fraternité religieuse l’emporteront sur tout.

Que l’Unique Dieu que chrétiens et musulmans adorent avec ferveur, éteigne les flammes de la passion et de l’incompréhension et insuffle aux enfants de Jésus et au peuple de Mouhamed, un vent de paix, de pardon, de concorde et d’amour pour que vive le Sénégal dans l’unité nationale et la fraternité religieuse! 
 
Moumar GUEYE
Ecrivain
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