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Faits d'Hiver: Danger...
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Arouna BA
Arouna BA est un sénégalais par l'histoire et par la géographie. ex étudiant en physique-chimie à l'UCAD et logisticien stagiaire à CAP Dakar. Il rédige des chroniques pour le site http://www.avenue221.com et anime le blog S3:Science-Société-Sénégal promu par la radio Rfi (http://www.aronts3.mondoblog.org). Sa conviction est que le rôle du scientifique n'est de toujours pantouffler au laboratoire . Il doit pouvoir éclairer la lanterne de la population sur des questions qui cernent et concernent son domaine. 
Par Arouna BA
Publié sur 12/10/2009
 
La saison froide s’est installée au Sénégal depuis quelque temps déjà. Les nuits sont plus longues que les jours, le temps est gris, le brouillard enveloppe l’atmosphère du crépuscule au matin et les températures en fin de soirée deviennent de plus en plus basses...

Le ''némali'' en question
La saison froide s’est installée au Sénégal depuis quelque temps déjà. Les nuits sont plus longues que les jours, le temps est gris, le brouillard enveloppe l’atmosphère du crépuscule au matin et les températures en fin de soirée deviennent de plus en plus basses. Durant cette période, les femmes sénégalaises, avec leur arsenal de séduction dignes d'une Fatou Laobé (il faut être sénégalais pour connaitre cette chanteuse qui excelle dans la vente d'encens et autres ''salagn salagn''), ont souvent recours à plusieurs types d'encens, notamment le ''némali'', afin de réchauffer les chambres et se débarraser des mauvaises odeurs.

Pour brûler le "némali", les encensoirs électriques ont certes fait leur apparition, mais la majorité des femmes font usage du charbon de bois. Chaque soir, dans presque toutes les concessions, le charbon de bois crépite dans des fourneaux ou des encensoirs à l’intérieur des chambres parfois calfeutrées, ce qui provoque souvent des accidents meurtriers. Il est même fréquent de lire dans les journaux des faits divers relatant des cas d’intoxications qui en résultent.

Pour mieux comprendre le problème, faisons un petit saut dans l'univers de la chimie pour voir tout ce qui cerne et concerne la combustion du charbon. Le charbon de bois est assimilable à du carbone presque pur. Il brûle à l’air sans flamme ni fumée. Lorsque l’air arrive en quantité suffisante, la combustion du carbone s’accompagne d’un dégagement de gaz: le dioxyde de carbone communément appelé gaz carbonique. C’est un gaz qui n’est pas toxique mais peut présenter des dangers lorsqu’il se répand dans un local mal aéré.
Dans ce cas il se substitut à l’oxygène de l’air nécessaire à la respiration. Il y a alors un risque d’asphyxie quand sa teneur dépasse un certain seuil. Si par contre l'apport en air s’avère insuffisante pour alimenter le charbon, il se forme alors un autre gaz, incolore, inodore, sans saveur et malheureusement extrêmement nocif. Il s’agit du monoxyde de carbone. Ce gaz hautement toxique se mélange facilement avec l’air du fait de sa densité voisine de celle de l’atmosphère. Sa présence est pratiquement impossible de détecter sans instrument. Comment la fumée de l’encens peut-elle devenir nuisible ? Durant cette période de froid, les femmes ont la fâcheuse habitude de fermer hermétiquement les pièces à l’intérieur desquelles un encensoir laisse échapper une odeur exquise d’encens toute une nuit durant. Ceci empêche une bonne pénétration de l’air. Et au bout de quelques heures, l’oxygène devient insuffisante dans le local ce qui entraîne une mauvaise combustion du charbon. De ce fait, une partie du carbone ne brûle pas complètement et conduit à la formation du monoxyde de carbone. Le gaz ainsi produit continuellement s’accumule et se mêle à l’air qui du coup devient très pollué.
La douce fumée du ‘‘némali’’ devient alors pire qu’un poison. Même une faible quantité de gaz présent dans la fumée peu entraîner la mort par asphyxie en moins d’une heure. Les effets d’une intoxication au monoxyde de carbone varient en fonction de la durée d’exposition et la concentration de gaz. Selon les spécialistes, la personne intoxiquée à faible dose ressent des maux de tête accompagnés de vertiges et de nausées. Au petit matin, elle a des sensations de fatigue, une faiblesse des jambes et une tendance à la somnolence. Une teneur un peu plus élevée entraîne des troubles de la vue et une perte de connaissance qui conduit au coma. Et en l’absence de soins, la mort survient inexorablement.
Pour prévenir les risques d’asphyxie il faut surtout insister sur l’aération des pièces en cette période de fraîcheur. Etant donné que la production de gaz est inévitable lors de la combustion du charbon de bois, une bonne aération des locaux permet un apport d’air suffisant et une évacuation des gaz qui se forment vers l'extérieur. Cela dit, les premiers symptômes cités plus haut ne sont pas à négliger car le danger est là, imperceptible certes, mais bien réel.