Nous sommes loin de l’épilogue dans l’affaire « Segura », cette histoire de  mallette qui a terni l’image du Sénégal tout en ménageant le fonctionnaire du FMI, aussi coupable que le président Wade. L’institution, qui a perdu une bonne partie de sa crédibilité, avec « la sexualité débridée » de son directeur, tenterait-elle de s’offrir une nouvelle virginité sur le dos du Sénégal ?

« A aucun moment, je n’ai abusé de ma position de directeur ». DSK

La présidence de la République du Sénégal, quel que soit le reproche que l’on pourrait lui faire, a mal communiqué dans cette affaire. Inutile donc de charger davantage le président Wade, étant donné que les autorités sénégalaises ont déjà fait leur mea-culpa. Revenons-en à DSK. Récemment, la presse française a rapporté des menaces qu’il aurait proférées à l’endroit du président français, au sujet de photos compromettantes, que certains proches de l’Elysée n’hésiteraient pas à publier pour l’enfoncer. Ce n’est pas ce qui nous intéresse ici, parce que, à propos de mœurs légères, certaines institutions internationales n’ont que les dirigeants qu’elles méritent. Ces derniers ne sont que le reflet et l’image personnifiée des institutions qu’ils représentent. Paul Wolfowitz, ancien président de la Banque Mondiale, et DSK, président du Front Monétaire International, en sont les illustrations parfaites. Ainsi, il convient de poser la question de savoir si le problème est bien DSK, le FMI, ou les deux à la fois ? On se rappelle qu’en 2008, le Fonds Monétaire avait publié un démenti, suite à des plaintes déposées contre DSK, pour favoritisme, pour avoir donné un « coup de pouce » à une stagiaire proche de la famille. Rien à voir donc avec les déboires du patron du FMI, dont la presse internationale a fait été de sa « sexualité débridée ». La procédure de sélection de cette jeune fille est révélatrice d’un certain malaise, qui va s’accentuer davantage, lorsque DSK, lui-même, présente ses excuses à propos d’une troisième enquête relative à des soupçons de favoritisme au profit d’une personne d’origine hongroise, Piroska Nagy, une femme mariée qui a partagé l’intimité du président du FMI et mari de la journaliste Anne Sinclair. Heureusement que la Charia, qui préconise la lapidation en cas d’adultère, n’est pas inscrite dans la « Charte de bonne conduite du FMI ». Donc, tout ceci en dit long sur la crédibilité à accorder à DSK et à l’institution qu’il représente. Ce qui nous intéresse principalement dans cette histoire, c’est qu’à chaque fois que la crédibilité de l’institution est mise en cause, tous les moyens sont bons pour lui redorer le blason. Reste à savoir si DSK, qui, « à aucun moment n’a abusé de sa position de directeur du Fonds », aurait pu s’envoyer en l’air avec la femme de l’ex employé du FMI, Mario Blejer, en l’occurrence Piroska Nagui, s’il n’était pas directeur du FMI. La prime de départ accordée à cette dernière a été interprétée par le Fonds, comme quelque chose de banal, n’ayant aucun rapport avec le scandale de la « photocopieuse », qui a failli coûter à l’humoriste Stéphane Guillon, sa place au 7/10 de France Inter. Dans un pays (Etats-Unis) où « le mensonge est presque pire que l’adultère », pour reprendre les propos de DSK, il serait plus sage de défaire sa braguette en public plutôt que de scotcher sa langue à son palais. Alors, une institution capable de recourir au mensonge et au favoritisme, pour ne pas dire népotisme, alors que la moralité douteuse de certains ses représentants est l’une des choses les mieux partagées, ferait tout pour laver l’honneur d’Alex Segura, que l’on cherche à blanchir à tout-va. Le récent communiqué publié sur RFI cette semaine, n’a aucune valeur juridique, dans la mesure où, le FMI, juge et partie à la fois, a diligenté une enquête loin d’être objective et dont les résultats n’ont surpris personne. L’institution ferait mieux de balayer le tas d’immondices devant sa porte et arrêter de stigmatiser un pays que les programmes d’ajustement structurels ont partiellement mis à genoux. Il y a donc de quoi douter de la moralité d’Alex Segura et de ceux qui, dans le souci de sauvegarder ou de restaurer l’image du FMI, auraient mieux fait de fermer leur braguette, ou éviter de survoler l’Atlantique, en possession d’une mallette, dont le porteur n’ignorerait pas le contenu, mais le montant… exorbitant.

Momar Mbaye
mbayemomar@yahoo.fr