Quand je parcours les rues de Dakar, la capitale de mon pays et celles de Saint-Louis ma ville natale, je suis toujours écœuré par le comportement insolite et insoutenable de certains hommes qui quotidiennement, s’emploient sans retenue ni vergogne, à uriner publiquement dans les rues et espaces libres de notre capitale.
Je ne comprends pas la désinvolture avec laquelle certains hommes, conducteurs de véhicules de transport en commun ou pas, quittent allègrement leur bagnole, s’approchent d’un mur ou d’un poteau électrique, dégainent leur membre virile, le tiennent comme un tuyau d’arrosage et se mettent à inonder copieusement les murs, les poteaux ou la rue sous le regard interloqué des touristes, des passants et des passagers parmi lesquels de nombreuses femmes et des enfants. Ainsi, certains d’entre eux n’hésitent pas à imiter les bovins, les caprins et les ovins en déféquant tranquillement en plein jour au bord de l’autoroute ou ailleurs dans la ville. La preuve, J’ai pris la photo ci-jointe, à huit heures trente du matin en face du garage des pompiers sur l’autoroute vers l’avenue El Malick Sy ! Cet homme se soulageait sous tous les regards !
Ces hommes semblent oublier la règle fondamentale de bienséance qui veut qu’à chaque fois qu’un être humain évacue les rejets naturels de son organisme, il doit le faire discrètement, sans bruit et à l’abri des regards. Le besoin naturel qu’est la défécation (émission d’excréments, de gaz ou d’urines) doit toujours se faire en silence et à l’abri des regards indiscrets. Même le fait anodin de se moucher devrait autant que faire se peut, être exécuté sans bruit, surtout quand on se trouve dans un restaurant ou un lieu similaire.
Je me dois, en dénonçant ces comportements déplorables et inciviques, de rendre hommage aux femmes de mon pays. Effet, il est extrêmement rare de voir une femme s’exposer de manière aussi éhontée dans les rues pour satisfaire ses besoins naturels. Seuls les hommes s’adonnent à cet exercice abominable !
Et pourtant, nul n’aurait aimé voir son père dans une si vilaine posture, en pleine rue. Mais bon sang ! Pourquoi donc les hommes ne font aucun effort pour se mettre à l’abri pour satisfaire leurs besoins naturels?
Il est vrai que l’Etat et les Mairies ont une grande part de responsabilité dans cette situation. En effet, il n’existe presque plus de vespasienne dans les villes. Il faut donc en installer dans les lieux publics et surtout les surveiller et les entretenir régulièrement, quitte à faire payer aux usagers une modique somme. Cette mesure prise il faudrait alors appliquer sans faiblesse des sanctions sévères contre les « urineurs » de la rue. C’est un impératif ! Une obligation de salut public !
Moumar GUEYE
Ecrivain
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