Certains hommes politiques guinéens, mais aussi une certaine presse en ligne, oublieraient- ils la gravité du moment que nous vivons à la veille de  Ouaga 2 ? Sinon, pourquoi se livrent- ils à une guerre des nerfs contre leurs propres partisans quand la nation entière a besoin d’entente et de sérénité? Mesurent- ils suffisamment l’enjeu la contre- partie que pourraient  tirer les bourreaux de Conakry qui nous ont mis dans la situation actuelle ?

Malheureusement, le plus souvent, c’est au moment où le devenir de la nation est en jeu que les habituels adversaires de la démocratie se déchaînent pour induire en erreur l’opinion publique. Ainsi, voit- on par- ci, par- là, des attiseurs de feu évoquer une division des Forces Vives. A qui cette désinformation sert- elle, si ce n’est aux ennemis du peuple que sont Dadis et la junte ? Pas plus qu’hier, j’attirais l’attention sur les manœuvres d’une certaine presse. Que les hommes politiques et autres responsables syndicaux et de la société civile ne tombent pas dans le piège.
Ce n’est pas parce que MM. Abé Sylla ou Mouctar Diallo se sont exprimés au motif qu’ils n’ont pas été retenus dans la négociation de demain, qu’il ya forcément division des forces Vives.
De quoi s’agit- il ? De choisir une dizaine de personnes parmi une centaine qui défendent toutes la même cause et combattent le même adversaire. Qui ignore que cents personnes ne peuvent pas négocier autour d’une même table ? Au cas contraire, on parlerait de conférence, de forum ou de colloque. En tout cas pas de négociation.
Mais, voilà que  cette fois- ci encore, au lieu de mettre l’accent sur la difficulté qu’implique tout choix, certains plumiers du net aiguisent les couteaux contre les représentants du peuple. Pourtant, l’argument ne pèse pas devant l’enjeu et la gravité du moment.
Sachons que les Forces Vives toutes les mandatés  du peuple. Comprenons qu’être dans la salle de négociation est assez formel du moment que les idées des uns et des autres sont défendues. Comment pourrait- il en être autrement s’il ya,  et c’est le cas, convergence d’actions, de projets ou de décisions ?
J’appelle, modestement, tout un chacun à ménager, s’il ne peut appuyer, les Forces Vives. En même temps, les Forces Vives,  dans leur composante globale, ne doivent pas se tromper d’adversaires et de combat. Les seuls adversaires, actuellement et jusqu’à leur chute, c’est Dadis et le CNDD qui ont écrit à l’encre rouge l’une des pages les plus sinistres de l’histoire de la Guinée.
Les Guinéens, aucun Guinéen, ne devrait confondre vitesse et précipitation ; adversaire et partisan. Chacun d’entre- nous a le devoir de bien réfléchir pour déterminer les enjeux et les moyens d’y faire face. Cela éviterait d’embrouiller nos représentants et de torpiller l’unité des Forces Vives.  
Au cas contraire ce serait faire le jeu de la junte qui, en réalité, a horriblement peur de cette unité des nos représentants. La parade de la junte et de ses griots sur tous les terrains médiatiques n’est qu’une poudre aux yeux tant ils ont la hantise des lendemains de Ouaga 2.
L’occasion, c’est- à- dire, la question de choix est trop bonne pour que certains confusionnistes en profitent et se fassent de la publicité sur le dos des autres. Mais le problème n’est pas à ce niveau. Ce qui est navrant, c’est d’attendre la veille du combat pour vouloir amputer les chevaux !
Tout semble indiquer que certains compatriotes n’ont pas encore compris qu’on est en politique et, mieux, en Afrique. En l’occurrence en Guinée : dans ce pays où, à chaque fois que l’on croit apercevoir le bout du tunnel, des voix dissidentes se font entendre pour saboter les intérêts de la collectivité. Cependant, un homme politique, c’est avant tout celui qui accepte les règles de la représentativité et du partage des rôles.
Je ne vois pas ce qui justifierait cette levée de boucliers contres certains leaders des Forces Vives au seul motif qu’ils font partie des membres désignés par leurs pairs pour les négociations du 19 novembre 2009.
Oublierait- on l’essentiel dans notre combat commun ? L e départ de Dadis et de la junte.  S’agirait- il, tout simplement, une volonté délibérée de faire le jeu de l’adversaire, aujourd’hui ennemi du peuple et frein à la démocratie et à la paix sociale dans notre pays ?
Tout le monde ne pouvant être autour de la même table, il est grand temps que la raison l’emporte sur les nerfs.
A la croisée des chemins plus qu’en janvier et février 2007, les Guinéens ont besoin d’être encouragés, consolés, écoutés et entendus. Ils ont besoin d’unité et de dépassement de soi et non de crispation, d’empoignade ou de passion.
J’en appellerai au sens de la responsabilité et de la maturité politique de tous les membres des Forces Vives. Quelle que soit leur appartenance politique, syndicale ou autre, les acteurs populaires doivent taire leurs divergences et penser au sort du peuple de Guinée qui vit sous la misère, la peur, la douleur, l’expectative et l’amertume du 28 septembre 2009..
Je convie humblement, MM. Abé Sylla qui a prouvé, il n’ya pas si longtemps que cela, sa vision de la nation et à Mouctar Diallo des Nouvelles Forces démocratiques (NFD) à dépassionner le débat. Il faudrait qu’ils fassent confiance à leurs pairs et se concentrent sur l’enjeu essentiel : comment sortir les Guinéens du guêpier dans lequel Dadis et la junte les a plongés. Pour ce faire, seul l’intérêt supérieur de la nation doit compter et primer sur le reste.
Le moment n’est pas aux invectives, mais à l’acceptation de la contradiction si toutefois cette dernière, quoi de plus normal, existait au sein des forces Vives.
Il faudrait qu’ils temporisent et fassent preuve de maîtrise de soi, de sens patriotique. Cela, même s’ils se sentis lésés. L’enjeu en vaut la peine car, c’est la nation tout entière qui est engagée dans la lutte. En outre, personne ne saurait minimiser, à plus forte raison nier leur engagement dans le combat pour la démocratie et contre la dictature de Dadis.
Sans vouloir personnaliser le propos, je sais à quel point le jeune Mouctar est engagé dans ce sens. Cependant, il doit s’écouter avant d’écouter qui que ce soit. On n’abat pas forcément le gibier en remuant toute la forêt. Il faut savoir attendre, patienter et, de la sorte la proie vient, le plus souvent,  vers vous. Tout comme le bon chasseur, c’est celui qui sait attendre, le bon politicien n’est autre que celui- là qui sait se taire quand bout le cœur !
Qu’ils temporisent tous les deux et cela ne signifie aucunement démission ou quelque  faiblesse que ce soit. Ils n’en tireront que profit. Si la finalité de Ouaga est acquise, ils n’en seront que  très fiers auprès de leurs pairs et de tous les Guinéens.
A ceux qui s’agitent sur le net, il est temps d’arrêter d’invectiver les Forces Vives à moins de vouloir encenser Dadis et la junte.
 La Guinée et son peuple comptent plus que tout. Notre lutte ne doit souffrir d’aucune entorse pour que les plaies se referment. Que les martyrs dorment désormais en paix grâce à la démocratie qui passe nécessairement par le départ de la junte.

Lamarana Petty Diallo
lamaranapetty@yahoo.fr